_--__CONTRIBUTIONS DES INVENTEURS D´INCROYANCES
Un changement de perspective utilisant des pratiques révolutionnaires, anarchistes,
marxiennes, dialectiques, situationnistes, écologiques, psychanalytiques,
constructivistes radicales, sceptiques, pragmatiques, situationnelles...
matiere a produire

RSS



VIVRE ET EN FINIR AVEC LE MÉPRIS DE LA VIE
Le crime contre l’humanité est l’acte fondateur d’un système économique qui exploite l’homme et la nature... Des millions de créatures rentrent docilement à la niche où elles se recroquevillent jusqu’à devenir l’ombre d’elles-mêmes. Les gestionnaires du profit sont arrivés à ce résultat auquel seule une réification absolue aurait pu prétendre : ils ont fait de nous des êtres apeurés par la mort au point de renoncer à la vie.
Raoul Vaneigem, avril 2021


L’IMMUNITÉ, L’EXCEPTION, LA MORT
Les hommes sont programmés pour fonctionner comme pièces d’un jeu symbolique. Ils sont chiffrés et numérotés. Ils deviennent computables dans des statistiques et des cartons perforés. Ils sont programmés d’une manière telle qu’ils acceptent volontiers leur programmation...
Olivier Cheval, lundimatin septembre 2021


LA PRODUCTION DE LA PEUR
L'obscurantisme, la peur et la confusion sont les armes dont abuse la propagande totalitaire d'un régime fascisant. Les médias affolent la population, la panique se répand, la terreur fortifie le pouvoir, l'autorité se renforce.
Lukas Stella, août 2021


RETOUR À LA BASE
Thèses et observations sur les objectifs de la lutte en France
Raoul Vaneigem, décembre 2020


CONTRE LA MALADIE CAPITALISTE

La période que nous vivons est une accélération de ce que nous avons connu ces dernières décennies. La « crise du covid » est la suite logique de la stratégie menée à notre encontre par la classe dominante pour maintenir l'exploitation capitaliste. Dans la continuité de ce que nous avons vécu ces dernières années, cette crise annonce toujours plus de précarité, d'injustice et de souffrance.
Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne, février 2021


L'IDIOTISATION COMME STRATÉGIE DE LA DOMINATION
Les gens sont tellement imprégnés du système établi qu'ils sont incapables de concevoir des alternatives aux critères imposés par le pouvoir. La pertinence des instruments de communication comme médiateurs de la « réalité » a engendré un effet de soumission dans la population, d'intériorisation du pouvoir...
Fernando Navarro, novembre 2017


UNE DÉRIVE AUTORITAIRE DANS L’AIR DU TEMPS

Tous les prétextes sont bons pour dominer, exploiter, culpabiliser et piétiner un peu plus la foule désorientée. Une foule inconsciente de sa capacité à renverser le cours des choses pour prendre sa vie en mains, perdue dans le repli sur soi. Le capitalisme ne nous protège pas du fascisme, et pour cause, le fascisme est la forme ultime du capitalisme. Le fascisme est partout dès lors que l’autorité se manifeste, menace et brutalise...
Maud et Yannis Youlountas, janvier 2021 (extrait)


APRÈS LE CONFINEMENT...

Un spectre hante l’Europe : c’est apparemment le Coronavirus. Pour le traquer, tous les gouvernements du monde du mensonge capitaliste se sont ligués en une puissance totalitaire. Le Coronavirus est le produit paranoïaque et systémique du monde capitaliste. Produit de la mondialisation marchande...
Cercle Marx, avril 2020 (extraits)


ERRARE HUMANUM EST, PERSEVERARE DIABOLICUM
Nous présentons ici trois erreurs scientifiques majeures commises lors de la prise de mesures pour endiguer l’épidémie de coronavirus, qui permettent à tout un chacun de comprendre les emballements médiatique, citoyen et politique auxquels nous faisons face aujourd’hui. Les données scientifiques exposées ici se basent sur un rapport rédigé par un groupe pluridisciplinaire comprenant des scientifiques, des gestionnaires de santé publique, des journalistes, etc.(1). Ce rapport ayant été publié en juin 2020, une vérification et une mise à jour en fonction de la littérature scientifique publiée depuis lors ont été effectuées.
Par Kaarle Parikka, PhD en microbiologie virale,
et Nina Wauters, PhD en écologie environnementale, KAIROS octobre 2020


LA PASSION D’UN PRÉSENT À CONSTRUIRE

Le vieux monde défaille et s’effondre. Le nouveau, consterné par l’amoncellement des ruines, n’ose les déblayer ; plus apeuré que résolu, il peine à retrouver l’audace de l’enfant qui apprend à marcher. Comme si avoir longtemps crié au désastre laissait le peuple sans voix.
Raoul Vaneigem, avril 2020


OMISSION, DÉFORMATION, DÉSINFORMATION

Ce que l’on ne voit pas a transformé notre manière de voir. C’est de l’omission de la domination, de l’absence de visibilité de l’exploitation, du profit et de la disparition de l’aliénation du travail qu’émerge la société du spectacle comme unique représentation positive du monde qui détermine la pensée et la manière d’agir de chacun.
Lukas Stella, Intoxication mentale, 2019 (extraits)


IN CORPORE VILI
Extrait de Tutto bene ?! Textes d’analyse et de réflexions anarchistes en temps de coronavirus en Italie.

Finimondo, mars 2020


UN SYSTÈME DE CROYANCE RÉGI PAR LA PEUR

Agrippés à nos croyances normalisantes, nous nous retrouvons confinés dans nos certitudes. Le monde qu’on nous présente dans ses représentations spectaculaires, est une escroquerie, celui qu’on se représente soi-même une illusion. Cette réalité mise en scène sous air conditionné, réfléchit l’image de soi selon l’air qu’on lui donne dans les apparences trompeuses de la société du spectacle. Un deuxième monde apparaît qui se substitue au temps vécu qui nous échappe.
Lukas Stella, mai 2020


LA MÉDECINE COMME RELIGION

L’état d’urgence sanitaire se prolonge, inscrivant la « guerre » contre le virus dans la durée. Dans cette crise qui ne trouve pas de résolution, il semble que la société toute entière épuise ses forces vives à lutter contre un invisible ennemi dont les médias récitent les ravages. Giorgio Agamben envisage ce moment politique comme celui qui, déplaçant la croyance, consacre la primauté de la science sur le christianisme et le capitalisme.
Giorgio Agamben, mai 2020


LE DESPOTISME OCCIDENTAL

Cela explique pourquoi la stratégie de réponse à la pandémie est avant tout une stratégie de contre-insurrection.
Gianfranco Sanguinetti, Ancien membre de la section italienne de l’Internationale Situationniste, avril 2020


Le conseil scientifique du gouvernement Macron travaille-t-il pour le compte de multinationales américaines ?
JP Brisset, mars 2020


COVID-19 : FIN DE PARTIE ?!

Telle était la tonitruante affirmation proférée le 26 février dernier par le meilleur infectiologue au monde (selon le classement expertscape), accueillie pourtant avec scepticisme et même sarcasmes par la communauté scientifique. Trois semaines plus tard, la réalité est en train de lui donner raison.
Jean-Dominique Michel, Anthropo-logiques, mars 2020


LE CORONAVIRUS, RÉVÉLATEUR DE LA FAILLITE DE L'ÉTAT

Sous l’effet de la panique, l’État oligarchique est contraint d’adopter des mesures qu’hier encore il décrétait impossibles. La quarantaine est propice à la réflexion. Le confinement n’abolit pas la présence de la rue, il la réinvente.

Raoul Vaneigem, mars 2020


ÉPIDÉMIE DE PEUR PANIQUE

C'est la peur, la psychose et l'hystérie qui sont contagieuses et dangereuses. Sous de faux prétextes de sécurité, par les mesures coercitives d'un État d'urgence, on nous prive de plus en plus de nos libertés.

Lukas Stella, mars 2020


PERSPECTIVE DÉFORMÉE

Dans ce monde complexe et instable, les prédictions ne s'avèrent jamais exactes. La prédiction de l'avenir est une source d'erreurs quand elle n'est pas une escroquerie.
Lukas Stella, décembre 2019


LETTRE DU CHILI

Ce que nous vivons ici est magnifique ! Cela fait deux semaines maintenant que ce soulèvement nous a permis de vaincre la peur, l’indolence et la frustration de vivre sous la dictature de l’argent, mais aussi de nous rencontrer comme êtres humains, par-delà toutes les identités qui nous avaient maintenus séparés.

Santiago, novembre 2019


COMPRENDRE NOTRE IMPUISSANCE POLITIQUE

Yannis Youlountas, octobre 2019


L'ÉCOLOGIE DÉNATURÉE

Ce système capitaliste ne se réforme pas, il développe librement et sans entrave ses affaires fructueuses, par la destruction de tout ce qui peut rapporter gros. Il menace directement la vie sur terre, non pas par un réchauffement de quelques degrés, mais par une pollution débridée, omise et occultée par tous les mass médias. L'écologie spectacle orchestrée par les experts du pouvoir se fait complice, par focalisation restrictive, de l'intoxication généralisée de la vie. (...) Ni comptable ni devin, le désastre c'est maintenant. L'effet de serre n'est pas l'écologie, c'est un écran de fumée qui cache l'emballement des pollutions et l'intoxication de la vie.
Lukas Stella, septembre 2019


CONQUÉRIR NOTRE AUTONOMIE
Guillaume Deloison, 2017 (Extraits)


DU FÉTICHISME DE LA VIOLENCE
Louis, Colmar, mai 2019


DE LA NÉCESSITÉ DE LA FIN D'UN MONDE
Lukas Stella, février 2019


NATURE DE LA CRISE ACTUELLE DES GJ

La crise des GJ (gilets jaunes) marque peut-être d’une pierre « jaune » la mise en évidence de la contradiction entre la mondialisation de l’économie et son incapacité à assurer la survie individuelle des humains.


APPEL DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES DES GILETS JAUNES
Nous, Gilets Jaunes des ronds-points, des parkings, des places, des assemblées, des manifs, nous sommes réunis ces 26 et 27 janvier 2019 en « Assemblée des assemblées », réunissant une centaine de délégations, répondant à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy.

APPEL ANTIAUTORITAIRE SANS FRONTIÈRES
Pour une journée de résistance simultanée, sans frontières, le 10 décembre 2018,
contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire

QUELQUES LIGNES SUR LA FIN DU MONDE
Véloce, septembre 2018


INTOXICATION MENTALE
Lukas Stella, août 2018


SOLIDARITÉ AVEC NOTRE-DAME-DES-LANDES
Raoul Vaneigem, avril 2018


OUBLIEZ MAI 68 !

Extrait d'un tract du Comité d'Action pour le Pouvoir des Conseils Ouvriers,
distribué à St-Étienne en mai 1969.


D'UN MAI SAUVAGE À L'AUTRE

[1968 - 2018] Appel international à converger sur Paris le 1er mai,
ils commémorent, on recommence...

DE LA DESTINÉE
Raoul Vaneigem, De la destinée (extraits), 2015

DE L'INSÉCURITÉ PUBLIQUE ET DE QUELQUES MOYENS D'Y REMÉDIER
Paul Castella, 2002 (décédé le 3 octobre 2017)

CONDITIONS MINIMALES D'UN MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE
Véloce, Collectif révolutionnaire, juillet 2017

APRÈS LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN FRANCE, QUELLE SIGNIFICATION ET QUEL LES IMPLICATIONS POUR LE PROLÉTARIAT FRANÇAIS ET INTERNATIONAL
Groupe International de la Gauche Communiste, juin 2017

LA LIBERTÉ ÇA NE S’IMPOSE PAS !
Lukas Stella, juin 2017

INSURGEONS-NOUS !
Des hommes, des femmes, simples, anonymes, 2012

POLITIQUE DE CRISE
Comité érotique révolutionnaire, mars 2017

TOUT LE MONDE AIME LA LIBERTÉ, MAIS LE TRAVAIL EST UNE HORRIBLE CHOSE
Paris sous tension, 2017

VIVRE OU RIEN, IL FAUT POUSSER CE QUI TOMBE
Comité érotique révolutionnaire, 2016

GUERRE DE CLASSE
Mars 2016

LE SYNDROME D’HYPNOSE CAPITALISTE
Mathias Demain, avril 2016

« MENACE TERRORISTE » ET MILITARISATION DE LA SOCIÉTÉ CONTRE LA RÉÉMERGENCE DE LA GUERRE DE CLASSE
Guerre de Classe, avril 2016

RÉSISTER À LA GESTION ET L’INFORMATISATION DE NOS VIES
Écran total, 2016

LA PERSISTANCE CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE DU LÉNINISME
GCI, Communisme N° 66, 2016

CONTRE LE TRAVAIL ET SES LOIS
Benoit Bohy-Bunel, avril 2016

FOOTAGE DE GUEULE
Lukas Stella, juillet 2016

RELIRE REICH AUJOURD'HUI
Jean-Marie BROHM, préface à la réédition de L'oeuvre de Wilhelm Reich, 2002

L’OPIUM DU PEUPLE
Quelques citations contribuant à une théorie critique du sport

TEXTES ANONYMES DU MOUVEMENT
Contre la loi du travail de mars à juin 2016

LA DOMINATION POLICIÈRE
Mathieu Rigouste, 2012

NOUS N’AVONS RIEN À DÉFENDRE
Affiche d’avril à Paris, publiée dans le journal "Tout peut basculer", avril 2016

POINT DE VUE SUR LE MOUVEMENT CONTRE LA LOI TRAVAIL
Extrait de "Tout peut Basculer", journal anarchiste sur Paris, avril 2016

LE MONDE OU RIEN
Mouvement Inter Luttes Indépendant, mars 2016

QUE LA FÊTE COMMENCE !
Yannis Youlountas (extrait) Éditions Libertaires 2015

CONTRE L’ÉCOLE NUMÉRIQUE
Appel de Beauchastel, décembre 2015

LE CAPITALISME NOUS RAVAGE, RAVAGEONS LE CAPITALISME !
Yannis Youlountas, mars 2016

ARGENT, SEXE ET POUVOIR
Gianfranco Sanguinetti, à propos d’une fausse biographie de Guy Debord
Prague, le 17 janvier 2016

L'ÉCOLOGIE SOCIALE
Murray Bookchin, The ecology of freedom : the emergence and dissolution of hierarchy,1982 (extraits).

LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ANTHROPIQUE, UN MENSONGE QUI ARRANGE
Antoine, janvier 2016

LA BUREAUCRATIE PERMET AU CAPITALISME DE S’ENRICHIR SANS FIN
3 entretiens avec David Graeber, 2015

RACISME, UNE RAISON D'ÉTAT
Cinq textes de Jacques Rancière, de 1997 à décembre 2015

RÉVOLUTION AU ROJAVA ?
La Oveja Negra, 2015

POUR UNE RÉELLE SOLIDARITÉ DE CLASSE
AVEC LES PROLÉTAIRES « RÉFUGIÉS » ET « IMMIGRANTS » !

Prolétaires Internationaux, 2015

LA RÉVOLUTION
Rencontre avec Yannis Youlountas, 2015

LA ROUTE DU SUD OUEST
Jean-François Brient
, 2014

QUE CRÈVE L'EXTRÈME GAUCHE DU CAPITAL !
Guerre de Classe, Juillet 2015

LA SOCIÉTÉ UNIDIMENSIONNELLE
Herbert Marcuse, L'homme unidimensionnel (extraits) 1964

OUVRIER-ROBOT RÉVOLTÉ
Extraits d'un entretien de Pièces et main d’œuvre avec Rémy, juin 2015

DE LA SERVITUDE MODERNE
Jean-François Brient, 2007 (extraits)

TROUBLE DANS LE NET
Lukas Stella, avril 2015

L’OBSCURANTISME A TOUJOURS ÉTÉ LE MODE D'ÉCLAIRAGE DU POUVOIR
Raoul Vaneigem, février 2015

DOUBLE CONTRAINTE EN FOLIE
Lukas Stella, janvier 2015

LE NOUVEL ORDRE PSYCHIATIQUE
Olivier Labouret (extrait)

ATHÈNES SUR UN VOLCAN
Yannis Youlountas, décembre 2014, membre de l’assemblée d’occupation de l’Ecole Polytechnique à Athènes

LA COMMUNE LIBRE DE BARBACHA
Matouf Tarlacrea, 2014

TANT QU'IL Y AURA DES BOUILLES...
La ZAD de Sivens dans le Tarn, une expérience libertaire
Yannis Youlountas

LA CRISE PAYE
Lukas Stella, octobre 2014

LA GRÈCE APPREND À SE PASSER DE L'ÉTAT
Raoul Vaneigem, juillet 2014

LE POUVOIR COMME PERVERSION NARCISSIQUE
Marie-France Hirigoyen (extraits)

REFUSONS D’AMELIORER CE QUI NOUS ABÎME
Des cheminots et des humains sans étiquette qui quelque soit ce qui arrivera, ne veulent plus être ce qu’on les force à ne pas devenir…

AMEN TON PÈZE !
l’Église de la Très Sainte de la Consommation

NE RÉPAREZ-PAS CE QUI VOUS DÉTRUIT, pamphlet pour une bonne vie
Rédaction du magazine Streifzüge, Autriche, octobre 2013

ÉLOGE DE L'OISIVETÉ
Bertrand Russell, 1935 (extraits)

L’ESCROQUERIE DE LA DETTE
Extraits de Plumedepresse et de Lukas Stella

EXARCHEIA LA NOIRE, Au cœur de la Grèce qui résiste
Yannis Youlountas, 2013 (Extraits)

DE LA CONTAGION À L’ÉPIDÉMIE
Lukas Stella, 2012 (Extrait)

CONTROVERSE SUR LA SOCIÉTÉ DU SPECTACLE
Lettre de Jean-Pierre Voyer à M. Bueno, 1998 (Extrait)

COMMENT L'ÉLITE DIRIGE LE MONDE
Karen Hudes employée de la Banque mondiale (Extraits)

LA RICHESSE DES MILLIARDAIRES DU MONDE A DOUBLÉ DEPUIS 2009
Andre Damon, novembre 2013

L'ANARCHISTE OMAR AZIZ
et l’auto-organisation dans la révolution syrienne

Leila Shrooms, Tahrir-ICN, août 2013 (suivi de "Repose en victorieux",
"Auto-organisation dans la révolution du peuple syrien",
"Un anarchiste syrien conteste la vision binaire rebelle/régime de la résistance").

CHANGER LA VIE, OU LE PLUS DIFFICILE À IMAGINER
Annie Le Brun, août 2012 (suivi de "Les aventurisques", juin 1968)

JP MORGAN PRESCRIT LA DICTATURE EN EUROPE
Stefan Steinberg, Mediapart juin 2013

SORTIR DE L'IMPASSE, pour un renouvellement du projet révolutionnaire
Négatif, Bulletin irrégulier, Novembre 2012

Asservi, exploité puis crever dans la misère…
ABOLISSONS L'ESCLAVAGE SALARIAL
JBF, juillet 2013

A ROADMAP TO A JUST WORLD "Une feuille de route vers un monde juste, le peuple ranimant la démocratie",
Discours de Noam Chomsky au DW Global Media Forum, Bonn, Allemagne, juin 2013

LA RÉVOLUTION DE L'ÊTRE PLUS QUE DE L'AVOIR Entretien avec Raoul Vaneigem, janvier 2013

LE TRAVAIL LIBÈRE-T-IL ? Hors service, feuille anarchiste, N° 36 (extrait), mai 2013

L'AUSTÉRITÉ SUR UNE ERREUR DE CALCUL, Inventin, avril 2013

QUAND L'OMISSION CRÉE L'ILLUSION, Lukas Stella, janvier 2013

NIQUE LE PAPE, Paul, janvier 2013

PRÉSAGES D'IMPOSTEURS, Lukas Stella, décembre 2012

LE PROGRAMME DES "RÉJOUISSANCES" À VENIR, La feuille charbinoise, octobre 2012

NÉCROTECHNOLOGIE DE SYNTHÈSE, PMO, novembre 2012

LE MYTHE ÉCONOMIQUE COMME RÉALITÉ ILLUSOIRE
Addenda à « L’invention de la crise »
, Lukas Stella, septembre 2012

N'ÊTES-VOUS QUE DES POIRES ? Raoul Vaneigem, septembre 2012

L'INVENTION DE LA CRISE, Daniel Durouchoux, Échanges, la revue des dirigeants financiers,
Commentaire de
Lukas Stella, juillet 2012

LE SIFFLET ENROUÉ, Harpo Grouchos, juillet 2012

SOCIALOS COLLABOS ! Lukas Stella, juillet 2012

PAR-DELÀ L'IMPOSSIBLE, Raoul Vaneigem, avril 2012

ÉCHEC DE L'ART, Emmanuelle K, 2012

QUEL MONDE ALLONS-NOUS LAISSER À NOS ENFANTS ? Raoul Vaneigem, mars 2012

ET PUIS APRÈS ? Paul, mars 2012

LA GRÈCE,  BERCEAU D'UN AUTRE MONDE, Raoul Vaneigem et Yannis Youlountas, mars 2012

CHOISIR SON MAÎTRE N'EST PAS UNE LIBERTÉ, Lukas Stella, mars 2012

GUERRE OUVERTE, Lukas Stella, octobre 2011

LE MOUVEMENT DES OCCUPATIONS AUX ÉTATS-UNIS, Interview de Ken Knabb, novembre 2011

ENTRETIEN AVEC RAOUL VANEIGEM, Siné Mensuel N°2, octobre 2011

WALL STREET OCCUPÉ, #occupywallstreet, septembre 2011

L'EXCEPTION LIBYENNE, Jean-Pierre Filiu, Le Monde, août 2011

POUR UNE NOUVELLE INTERNATIONALE, Message d’une insurgée grecque, décembre 2008

LETTRE OUVERTE DES TRAVAILLEURS D'ATHÈNES À SES ÉTUDIANTS, Des prolétaires, décembre 2008

L’ÉTAT N’EST PLUS RIEN, SOYONS TOUT (extraits) Raoul Vaneigem, juillet 2010

LES FACHISTES S'AFFICHENT EN SE CACHANT ! Le logo du FN est une copie conforme du logo du MSI.
Les origines historiques du Front National, quelques extraits de "Fascisme et grand capital" de Daniel Guérin,
de Guy Debord et de Raoul Vaneigem.

LA MORT À PETITES DOSES PREND SON TEMPS Lukas Stella, mars 2011

TOURNANT INSURRECTIONNEL, À Londres comme partout, prenons l'offensive !
Guitoto, mars 2011

COLÈRE ET INDIGNATION, Communiqués CRIIRAD du 23 et 25 mars 2011 (extraits)

COMMUNIQUÉS DE L'OBSERVATOIRE DU NUCLÉAIRE (extraits), mars 2011

MOHAMED SAÏL ANARCHISTE ALGÉRIEN (extraits)

DÉGAGE ! Paul, février 2011

NOUS VOULONS VIVRE, Dan depuis la prison de la Santé, février 2011

DE TUNIS, UN VENT DE LIBERTÉ

ENTREVUE AVEC UN ANARCHO-COMMUNISTE
SUR LA PLACE DE LA LIBERTÉ AU CAIRE
, février 2011

RÉVOLUTION EN TUNISIE, En avant ! En avant !
Parti Communiste-Ouvrier d’Iran

ALGÉRIE, 5 suicides par le feu en 5 jours

LA RÉVOLUTION MÉDITERRANÉENNE NE FAIT QUE COMMENCER, janvier 2011
Le régime de Ben Ali au bord de la rupture.
Les biens de la famille du président Ben Ali attaqués et pillés.

TUNISIE, les miliciens de Ben Ali font régner la terreur, Radio Kalima, janvier 2011
Massacre en Tunisie, plus de 80 morts - L'armée fraternise avec les manifestants...

ALGÉRIE, La chasse aux jeunes est lancée. Un jour, bientôt, ils vous chasseront !
Yahia Bounouar

Algerie emeutes 2011

STRATÉGIES À L'USAGE D'INVENTEURS D'INCROYANCES, Lukas Stella
"Stratagèmes du changement", Chapitre VIII, 2008
(Paru aux Éditions Libertaires / Courtcicuit-diffusion, FNAC...)

LE PIRE EST À VENIR, Paul, juillet 2010

COURTE ADRESSE A TOUS CEUX QUI SE FIGURENT ENCORE
QUE L’ON POURRAIT GERER PLUS HUMAINEMENT
LA MERDE CAPITALISTE AU LIEU DE LA SUPPRIMER !

Gustave Lefrançais, juillet 2010

AU SECOURS ! Dans la société française,
80% des gens normaux sont des malades mentaux
, Paul, mai 2010

TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS POUR PLUS DE CHÔMEURS, Lukas Stella, mai 2010

PANIQUE À BORD, Paul, mai 2010

GANGRÈNE DU SYSTÈME, Lukas Stella, mai 2010

SAUVE QUI PEUT, Paul, mars 2010

REFUSONS LE PIÈGE DE LA DETTE, Dominique Plihon, février 2010
Addendum inventin, Jean de Maillard, février 2010.

CONSIDÉRATIONS SUR LA SITUATION IRANIENNE
ET SES PERSPECTIVES RÉVOLUTIONNAIRES
, Sinbad le marin, février 2010

PETITS ÉCHOS DE MODES, Paul, février 2010

CONVERSATION (extraits), Raoul Vaneigem, Septembre 2009

DIX FOIS PLUS DE PASSIONS, Claude GUILLON
Sexpol N°5 du 15 octobre 1975

C'EST LA CATA ! Paul, décembre 2009

TACTIQUES OPÉRATIONNELLES, Lukas Stella,
"Stratagèmes du changement", Chapitre VI, 2008

COUP TORDU, Paul, décembre 2009

CROYANCES OBJECTIVES, CAPACITÉS RÉDUITES, Lukas Stella
"Stratagèmes du changement", Chapitre V, 2008

VOS PAPIERS ! Paul, novembre 2009

NOUS SOMMES LE MONDE EN DEVENIR, Lukas Stella, août 2009

IMPERCEPTIBLE CONDITIONNEMENT, Lukas Stella,
"Stratagèmes du changement", Chapitre IV, août 2008

CRISE CHRONIQUE ET DURABLE, mais pas pour tous... Inventin, juin 2009

JETONS LES BOURGEOIS À LA TOMBE QU'ILS NOUS CREUSENT
Rapaces, communication 187, mai 2009

APPEL À LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE, Raoul Vaneigem, avril 2009

TROIS PETITS COCHONS, PENDUS AU PLAFOND... Paul, mai 2009

FUTUR EN FAILLITE, RÊVE EN DÉRIVE, Lukas Stella, février 2009

LA FIN DES CERTITUDES, Ilya Prigogine (extraits)

QUAND L'OBÉISSANCE EST DEVENUE IMPOSSIBLE, Emmanuelle K. (extraits)

ULTIME LETTRE AU BARON PETDECHÈVRE
de son ex-secrétaire au château de Saint-Magloire, Paul, février 2009

ENTRETIEN AVEC RAOUL VANEIGEM, 2008

MANIFESTE POUR UNE DÉSOBÉISSANCE GÉNÉRALE
Sous-Comité décentralisé des gardes-barrières en alternance

Emeutes en Algerie, 2011Petit dictateur, larbin des milliardaires, dégage !

NICOLÉON, Victor HUGO

LE PRIX DU VENT, Paul, octobre 2008

CONFÉRENCE DE HEINZ VON FOERSTER (extrait)

RIDEAU ! Paul, septembre 2008

SUR LA SÉMANTIQUE GÉNÉRALE, Kourilsky-Belliard, Edward T. Hall, Alfred Korzybski, A.E. van Vogt,
Bernard Wolfe, Gregory Bateson (extraits)

L'HOMME UNIDIMENSIONNEL, Herbert Marcuse, extraits de la préface, 1967

LA SOCIÉTÉ DEVIENT ELLE-MÊME CRIMINELLE
Extrait d'un entretien avec le journaliste Denis Robert

LE SPORT, DE LA PUBOLITIQUE TOXIQUE, Lukas Stella, 2008

LA BIODIVERSITÉ LOURDEMENT CONDAMNÉE, Raoul JACQUIN, 2008

JE SUIS UN DÉMOCRATE, JE SUIS UN CONNARD, Santiago Alba Rico, 2008

COMME UN TROUPEAU, Paul, février 2008

OU EST PASSÉ LE TROU DE LA SÉCU ? Inventin 2008

ÉCRAN DE FUMÉE SUR POLLUTION, Lukas Stella, 2006

DES BERGÈRES ET DES BERGER OPPOSÉS À LA MÉCANISATION DE LA VIE, 2007

PRIVILÈGES DES LARBINS, Inventin, 2007

COUP DE FIL EN PLEINE GUEULE, Inventin, 2007

SANS RÉSISTANCE NI DÉPENDANCE Jules Henry et Léon Léger,
Les hommes se droguent, L’état se renforce, 1974 (Extraits)

PLUS MARIONNETTE QUE DICTATEUR, Lukas Stella, 2007

NOUVELLE LETTRE DU BARON PETDECHEVRE
Jehan-Godefroid-Adalbert-Carolus-Vladimir, Nanterre, 22 mars 2008

UN PARTI CHASSE L'AUTRE, Inventin, 2007

LE GRAND SECRET, Paul, 2007

LA FONCTION DE L'ORGASME (extrait de l'introduction), Wilhelm Reich, 1945

LA MASSE CACHÉE, Lukas Stella, 2007

SURENCHÈRES SÉCURITAIRES, Raoul Vaneigem, 2004

DRAGONS ET DONJONS, Paul, 2007

STRATÉGIE DU CHANGEMENT, Lukas Stella, 2006

L'ÉCOLOGIE, Guy Debord (citations)

DANS L'ANGLE MORT DE L'ÉCONOMIE SPECTACLE, Inventin, 2006

GUY DEBORD, Préface à la quatrième édition italienne de "La société du spectacle", 1979 (Extrait)

ERWIN SCHRÖDINGER (Extraits)

ALBERT EINSTEIN, Lettre à Schrödinger, 1935

HEINZ VON FOERSTER, Stratégie de la thérapie brève, 1990 (Extraits)

QUELQUES PAS DE PLUS VERS UNE ÉCOLOGIE DE L'ESPRIT
Gregory Bateson (Extraits)

L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE, Humberto Maturana, Francisco Valera, 1994 (Extraits)

LE CRÉPUSCULE DES FARCEURS, Paul, 2006

GRAFFITI ANTI-CPE, Février-avril 2006

APPEL ANONYME, sur Indymédia Marseille, mars 2006

LE CPE EST MORT, L'ARNAQUE A BIEN MARCHÉ ! Inventin, 2006

POUR UNE POIGNÉE DE SALOPARDS, Lukas Stella, 2006

LA DÉMOCRATIE SERA GLOBALE, OU NE SERA PAS, Paul, 2003

JEUNESSE EN PÉRIL, Paul, 2004

AU-DELÀ DE LA CULTURE, Edward T. Hall, 1979 (Extraits)

NI DIEU NI DARWIN, Alawa, 2005

DÉPHASAGE, La machine à réduire, Lukas Stella
(extrait de la brochure "Abordages informatiques"), 2002

DE L'ORIGINE DES ESPÈCES PAR VOIE DE LA DÉRIVE NATURELLE
Humberto Maturana, Jorge Mpodozis, 1992
(extraits)

LE RÊVE DE LA RÉALITÉ Heinz Von Foerster et le constructivisme
Lynn Segal, 1988 (Extraits)

LE RETOUR DU GRAND MÉCHANT LOUP, Paul, 2006

JOURNAL IMAGINAIRE, Raoul Vaneigem, 2006 (Extraits)

DU VERT À TOUS LES ÉTAGES, introduction à la critique de l’écologie politique, Paul, 2004

__________________________

VIVRE ET EN FINIR AVEC LE MÉPRIS DE LA VIE

Raoul Vaneigem, avril 2021

RETOUR PARODIQUE AU PASSÉ

Le crime contre l’humanité est l’acte fondateur d’un système économique qui exploite l’homme et la nature. Le cours millénaire et sanglant de notre histoire le confirme.
Après avoir atteint des sommets avec le nazisme et le stalinisme, la barbarie a recouvré ses falbalas démocratiques. De nos jours, elle stagne et, refluant comme un ressac dans une passe sans issue, elle se répète sous une forme parodique.
C’est ce ressassement caricatural que les gestionnaires du présent s’emploient à mettre en scène. On les voit nous convier benoîtement au spectacle d’un délabrement universel où s’entremêlent goulag sanitaire, chasse à l’étranger, mise à mort des vieux et des inutiles, destruction des espèces, étouffement des consciences, temps militarisé du couvre-feu, fabrique de l’ignorance, exhortation au sacrifice, au puritanisme, à la délation, à la culpabilisation.
L’incompétence des scénaristes attitrés ne diminue en rien l’attrait des foules pour la malédiction contemplative du désastre. Au contraire ! Des millions de créatures rentrent docilement à la niche où elles se recroquevillent jusqu’à devenir l’ombre d’elles-mêmes.
Les gestionnaires du profit sont arrivés à ce résultat auquel seule une réification absolue aurait pu prétendre : ils ont fait de nous des êtres apeurés par la mort au point de renoncer à la vie.

LA PROPAGATION D’UNE MENTALITÉ CARCÉRALE

Au nom du mensonge que la propagande appelle vérité, on laisse un traitement politique et policier se substituer au traitement sanitaire que requiert le simple souci du bien commun. Nul n’est dupe du tour de passe-passe : les gouvernants dissimulent et cautionnent ainsi la mise à mal des hôpitaux publics à laquelle la cupidité les enjoint de recourir.
Colère et indignation n’ont pas fait varier la pression étatique qui expérimente le degré d’abjection auquel la servilité des populations peut tomber sans se rompre. Les misérables au pouvoir se moquent bien de quelques coups de gueule corporatistes et syndicaux. L’insulte et l’exécration ne sont-elles pas une façon de les reconnaître, sinon de leur faire allégeance ?
Tandis qu’analystes et sociologues débattent du capitalisme, les ubuesques mafias du profit et leurs palotins étatiques poursuivent en toute légalité la mise à mort rentabilisée du vivant. En attendant la prochaine alerte épidémique, les petits fours de l’hédonisme sont servis à ceux qui ont pris le risque de se faire vacciner avec des produits dont la seule efficacité avérée tient à la cotation boursière et aux bénéfices concurrentiels. Louons les citoyens qui sont entrés courageusement dans la lice des lessives émérites, où un blanc lave plus blanc que l’autre. Il est vrai que n’avoir pas peur n’a pas le même sens selon qu’à longueur d’incarcération les populations acceptent de s’exposer à des radiations et à des poisons qui les tuent. Ou si, au contraire, elles s’insurgent contre les nuisances, les éradiquent et passent outre aux décrets qui les légalisent.
La pensée du pouvoir est une pensée morte, elle vole au ras des tombes. Son odeur de charogne est l’odeur de l’argent. Elle nous suffoquera tant que nous la combattrons dans ses cimetières au lieu d’édifier des lieux de vie et d’y entretenir une guérilla avec des armes qui ne tuent pas — et dont, en conséquence, nos ennemis ignorent la portée.
Comment tolérer plus longtemps que la peur de mourir d’un virus nous empêche de vivre ?
Avec ses hauts et ses bas, l’existence quotidienne ne démontre-t-elle pas que rien ne restaure mieux la santé que la fête et la jouissance ? Le plaisir du corps attentif aux saveurs, aux caresses, aux ambiances chaleureuses stimule les défenses immunitaires de l’organisme. Il prémunit contre les cris d’alarme que la douleur pousse dans l’urgence, quand il est trop tard, quand le mal est fait. Il ne faut pas être grand clerc pour le savoir.
Jamais le crime contre le vivant n’a été glorifié avec un tel cynisme, avec une telle stupidité goguenarde. Tout a été et est mené à rebours. À l’instar de la fameuse dette sans fond et sans raison, le gouffre de la pandémie engloutit tout ce qui passe à portée. Ravages de la dégradation climatique, effets meurtriers de la pollution et des nourritures empoisonnées, cancers, infarctus, agressivité suicidaire, troubles mentaux, allez hop, passez muscade !
La vérité du système économique dominant est le mensonge qui fait du monde à l’envers la norme et la réalité. Les masques voilent le sourire, étouffent la parole, sidèrent les enfants confrontés à un familier qui leur devient étranger.
La malédiction du travail est devenue une hantise, les enseignants sont trop préoccupés de gestes sécuritaires pour enrichir leur savoir et celui des autres. Nos sociétés sont lentement gangrenées par la banalisation d’un comportement obsidional, ainsi que l’on nomme l’angoisse agressive qui s’empare des habitants d’une ville assiégée. Le repli terrifié, la défiance et la paranoïa s’inventent alors des ennemis intérieurs à pourchasser.
En l’occurrence, le principal ennemi est clairement identifié, c’est la vie et son insolente liberté.
Certes, nous sommes accoutumés de longue date aux pratiques de la jungle sociale, puisque nous y sommes confinés dès notre naissance. Toutefois, les pires époques d’obscurantisme et de despotisme absolu gardaient une fenêtre ouverte sur une réalité autre. Si illusoire qu’il fût, le principe d’espérance galvanisait les velléités de révolte.
La réclusion à perpétuité à laquelle la glaciation du profit nous condamne a prévu des barreaux qui emprisonnent nos rêves. Foutriquets écologistes, avez-vous pensé à ce paradigme ?

LE GRAND RENVERSEMENT

Privés du droit à la vie que le privilège même de l’espèce humaine a rendu imprescriptible, nous n’avons d’autre choix que de le restaurer et de lui assurer une souveraineté à laquelle nous n’avons jamais cessé d’aspirer.
Le principe « rien n’est vrai, tout est permis » a, pendant des millénaires, répondu à la préoccupation majeure du Pouvoir hiérarchisé : favoriser un chaos où le rappel à l’Ordre vînt justifier et affermir son autorité. Rien de tel que le spectre de l’an-archie, du non-pouvoir, de la chie-en-lit, pour nous protéger des voyous en nous poussant dans les bras sécuritaires de l’État-voyou.
Cependant, renversé et saisi dans une perspective de vie, le même propos marque une détermination radicalement différente. Il exprime une volonté de tout reprendre à la base, de tout réinventer, de tout rebâtir en nous désencombrant d’un monde figé par la glaciation du profit.
Aucune baguette magique ne brisera les chaînes que notre esclavage a forgées mais j’aimerais assez que l’on inclue dans le poids excessif qu’on leur attribue la croyance — transmise et affermie de génération en génération — qu’elles sont irréfragables, qu’aucun effort ne peut les briser.
Un véritable effet d’envoûtement accrédite la fable d’une impuissance native de la femme et de l’homme. Il contrecarre au départ les tentatives d’émancipation qui jalonnent l’histoire. Cela fait des siècles que les victoires de la liberté célèbrent leurs défaites, que le culte des victimes honore la vocation sacrificielle et flétrit nos sociétés en les militarisant.
Briser l’envoûtement ne ressortit pas du « Que faire ? » léniniste, il ne procède pas d’un défi insurrectionnel. À quoi tient la cohérence et la paradoxale rationalité de cet ensorcellement universel ? À une gestion des êtres et des circonstances, que le Pouvoir a longtemps attribuée à une intervention surnaturelle. La fable d’un mandat céleste délivré par des dieux prêtait à une brute rusée et tyrannique les traits redoutables d’un extraterrestre, jeteur de foudre et de sorts.
La décapitation de Dieu et de Louis le seizième, dernier monarque de droit divin, a mis un terme non au Pouvoir mais à la peur d’être agrippé par lui à la moindre velléité contestataire.
Si meurtrière qu’elle demeure, l’autorité étatique a perdu ce qui lui restait de prestance, tant l’accable le ridicule de ses incontinences. À quoi s’ajoute la fronde des femmes qui, de leur doigt inexorable, crèvent le « mauvais œil » que le patriarcat s’obstine à darder sur elles.
Ce qui s’annonce a contrario d’un tel délabrement n’est pas moins évident. Un irrésistible mouvement de bascule s’amorce partout dans le monde. Il a son rythme et ses conditions propres. La renaissance du vivant marque les premiers pas de l’être humain sur une terre dont il a été spolié. Ce renouveau n’a que faire de prophètes, de Cassandre, d’aruspices. Le défi l’indiffère, la résistance lui suffit.
Le capitalisme apocalyptique et le catastrophisme anticapitaliste forment les deux pôles contraires d’où s’apprête à jaillir, tel un arc électrique, un fulgurant retour à la vie.
Sous la résignation de millions d’existences condamnées à la répression et à l’ennui (ce grand dissolvant des énergies), une force insurrectionnelle s’accumule qui, dans le temps non mesurable d’un éclair, va balayer nos petites luttes corporatistes, politiques, concurrentielles, sectaires.
Une révolution larvée, morcelée, parcellaire, émiettée cherche confusément le point de jonction où, dans une colère commune, l’individu et le collectif retrouveront la lucidité et leur unité.
La lourdeur du mensonge et de sa crédibilité avaient à l’époque de Goebbels le poids d’une vérité à laquelle la mystique nationaliste et le dynamisme du capitalisme prêtaient une cohérence illusoire.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Le dynamisme du capitaine d’industrie — que la focalisation financière et spéculative du capitalisme a laissé pour compte — n’alimente plus la moindre espérance d’amélioration sociale. Les multinationales brisent dans l’œuf les politiques protectionnistes, nationalistes, souverainistes.
La faillite avérée des grandes vérités scientifiques gangrenées par le profit a entraîné dans la débâcle l’idée de progrès, longtemps perçue comme bénéfique, en raison du confort qu’elle procurait à la survie.
Les héritiers des experts qui jurèrent que le nuage de Tchernobyl avait évité le beau ciel de France ont discrédité irrémédiablement le milieu des savants en général et de la médecine en particulier. Je ne sais si l’autodéfense sanitaire ira jusqu’à l’automédication assistée mais il n’est pas douteux que la relation entre patient et aide-soignant prendra un tour moins mécanique, moins mercantile, plus humain, plus affectif.
À l’encontre des sondages, des baromètres statistiques et autres officines d’opinions préfabriquées, l’innovation et l’inventivité se donneront libre cours, explorant de nouveaux territoires, essaimant pêle-mêle aberrations et créations de génie. L’intelligence sensible triera, affinera, reconnaîtra les siens comme elle en use en recueillant les dons que la nature prodigue, sans réserve ni discernement. L’intelligence sensible est la nouvelle rationalité.

MISER SUR L’AUTONOMIE INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE

Oui, je fais confiance à cette intelligence sensible qui fut si longtemps occultée et discréditée par l’intelligence intellectuelle. Comme le révèle l’effritement progressif de la pyramide hiérarchique, l’intellectuel n’a jamais été que l’instrument de la classe supérieure, l’esprit du maître régnant sur le corps et sur les parties inférieures de la société.
Sa fonction dirigeante s’exerce jusque dans la corrosion critique dont il infeste le vieux monde pour lequel il travaille. Le mépris dont il a accablé dès sa naissance, en France, ce mouvement de « rustauds incultes et incontrôlables » que sont censés rester les gilets jaunes est révélateur du malaise qui le ronge. Tandis qu’une part de l’homo intellectualensis tente de rattraper sa bévue initiale et de se faire pardonner en agitant le drapeau mité des « convergences de luttes », la part de la conscience en éveil dévoile en lui, comme en chacun de nous, le drame de la pensée séparée de la vie, de l’abstraction qui nous exile de notre substance vivante. Car l’intellectualité est une tare aussi commune à tous et à toutes que la division du travail et l’invariable statut d’exploité et d’exploiteur.
Quand j’appelle au retour du vivant, à l’unité du moi et du monde, c’est cette part de conscience que j’invoque, car elle participe du devenir humain et elle a de tout temps été la lumière qui nous guidait.
La conscience humaine est ce fond de pensée universelle qui est la réalité la mieux partagée et la plus refoulée de notre histoire. Ce qui la frappait d’interdit se délite, ce qui va l’embraser — voire l’illuminer, à tous les sens du terme — n’est guère plus qu’une étincelle, mais elle ne s’éteint pas. Dès lors, pourquoi ne pas miser sur la combustion qui brasille au cœur de nos désirs ?
La renaissance de la terre et du corps fait partie de mes rêves. J’en revendique la folie subjective. Je m’autorise à en vouloir réaliser les desseins, tant se multiplient en nous et autour de nous les jeux du possible et de l’impossible.
Les militants de l’espérance et de la désespérance sont fondés, j’en conviens, à taxer d’optimisme, de chimère, de fantasme, nombre de mes idées qui contribueraient à les nourrir s’ils ne les ingéraient pas comme une pure tambouille intellectuelle.
L’éveil du vivant est une menace pour les petits marquis de l’idéologie. Les coups de pied au cul décochés au Pouvoir les atteignent au fondement.

LA VIE EST UNE FÊTE, FAISONS FÊTE À LA VIE

J’incline à penser qu’une conscience éveillée ébranle plus aisément le monde que le déferlement de l’enthousiasme grégaire. La radicalité est un rayonnement attractif, un raccourci qui coupe les voies ordinaires de la réflexion laborieuse.
Créer mon bonheur en favorisant celui des autres s’accorde mieux à ma volonté de vivre que les lamentations de la critique-critique, dont le mur obture ou, du moins, assombrit nos horizons.
Il est des flambées d’impatience où je crierais volontiers : « Lâchez tout ! Balayez vers l’égout les thuriféraires de l’argent ! Brisez les amarres du vieux monde, prenez à bras-le-corps la seule liberté qui nous rende humains, la liberté de vivre ! »
Je n’ignore pas que recourir aux mots d’ordre et aux objurgations accorde plus d’importance à la chape d’inertie qu’à la conscience qui la fissure et la brisera en son temps. Mais rien ni personne ne m’empêchera de me réjouir à la pensée de n’être pas seul à appeler de mes vœux une tornade festive qui nous délestera, comme d’une mauvaise colique, des morts-vivants qui nous gouvernent. Le retour de la joie de vivre se moque de la vengeance, du règlement de compte, des tribunaux populaires. Le souffle des individus et des collectivités passe outre aux structures corporatistes, syndicales, politiques, administratives, sectaires, il évacue le progressisme et le conservatisme, ces mises en scène d’un égalitarisme de cimetière, qui est désormais le lot des démocraties totalitaires. Il ouvre à l’individualiste, aigri par le calcul égoïste, les voies d’une autonomie où se découvrir comme un individu, unique, incomparable, offre la meilleure garantie de devenir un être humain à part entière.
L’individu prend conseil mais refuse les ordres. Apprendre à rectifier ses erreurs le dispense des reproches. L’autonomie s’inscrit dans le dolce stil nuovo voué à supplanter le règne de l’inhumain.
Laisser pourrir ce qui pourrit et préparer les vendanges. Tel est le principe alchimique qui préside à la transmutation de la société marchande en société vivante. N’est-ce pas l’aspiration à vivre en dépassant la survie qui met partout en branle l’insurrection de la vie quotidienne ? Il y a là une puissance poétique dont aucun pouvoir ne peut venir à bout, ni par force ni par ruse. Si la conscience tarde à s’ouvrir à une telle évidence, c’est que nous sommes accoutumés à tout saisir par le petit bout de la lorgnette, nous interprétons nos luttes quotidiennes en termes de défaites et de victoires sans comprendre que c’est l’anneau dans le nez qui nous conduit à l’abattoir.
À errer entre dépérissement et renouveau, nous avons acquis le droit d’esquiver et de quitter une danse macabre, dont nous connaissons tous les pas, pour explorer une vie dont nous n’avons eu, hélas, à connaître que des jouissances furtives.
La nouvelle innocence de la vie retrouvée n’est ni une béatitude ni un état édénique. C’est l’effort constant que réclame l’harmonisation du vivre ensemble. À nous de tenter l’aventure et de danser sur le sépulcre des bâtisseurs de cimetières.

https://lavoiedujaguar.net/Vivre-et-en-finir-avec-le-mepris-de-la-vie

__________________________

L’IMMUNITÉ, L’EXCEPTION, LA MORT

Olivier Cheval, lundimatin septembre 2021

Penser ce qui nous arrive avec Vilém Flusser, philosophe tchécoslovaque [4/4 - extraits]

Un passe sanitaire numérique est donc désormais demandé à l’entrée des bars et des restaurants, des cinémas et des théâtres, des musées et des salles de sport, des boîtes de nuit et des centres commerciaux, des TGV et des avions. Pour voyager, pour se divertir, pour se rencontrer, il faut pouvoir prouver son innocuité virale à l’aide d’un ensemble de carrés noirs et blancs lisible par une machine dotée d’un capteur photographique et d’une liaison internet, ensemble qui a été nommé Quick response code et que l’on surnomme, pour tendre à devenir aussi rapide que la machine, un QR code. Ce dispositif de tri et de contrôle vise officiellement à inciter le plus grand nombre à la vaccination : plutôt qu’une politique nationale de vaccination obligatoire, l’État a choisi le chantage par la menace faite à chaque individu d’une privation de son droit à la sociabilité et à la circulation dans l’espace public. L’aboutissement de cette politique de la menace sera le déremboursement des tests, sauf prescription médicale, au mois d’octobre, afin que seules les personnes vaccinées ou contaminées depuis moins de six mois soient en mesure d’accéder à ces lieux et services. Les personnes non-vaccinées devront payer le prix d’un test pour obtenir trois jours de sursis, faute de quoi, comme au temps des confinements, elles seront privées des lieux dits non-essentiels. Alors même que tous les autres pourront en jouir.

Le passe sanitaire n’est pas d’abord, contrairement à ce que son nom semble indiquer, un dispositif sanitaire : il prive les non-vaccinés d’accès à certains lieux parmi les plus spacieux et les plus ouverts, comme les terrasses et les musées, pour contraindre leurs moments de convivialité à l’étroitesse des espaces domestiques, alors qu’il a été depuis longtemps établi que le covid-19 était une maladie qui se contractait par concentration d’aérosols dans les intérieurs petits et clos. Le passe sanitaire est d’abord un dispositif sécuritaire, carcéral et stratégique : il est le nom de notre plus grande défaite politique de ce début de siècle. Sa mise en place intervient après l’instauration du bracelet électronique comme mesure judiciaire en 1997 et la délivrance de passeports biométriques depuis 2009. À la suite de ces deux objets nouveaux et pourtant désormais banalisés, au sens où personne dans le débat public ne propose plus leur abolition, il participe à identifier l’individu à un code numérique ; à lier sa liberté de mouvement à ce qui est inscrit sur ce code ; à délier cette contrainte d’une mesure judiciaire, pour que chacun soit traité comme un criminel ou un danger potentiel — une bombe bactériologique, désormais. La grande perversité néolibérale du passe sanitaire est qu’il incite chaque citoyen à réclamer son code, par un acte libre, une prise de rendez-vous sur internet le plus souvent, quand personne n’avait encore jamais réclamé la pose d’un bracelet à sa cheville. La grande violence autoritaire du passe, elle, est qu’il transforme un bon million d’individus, ouvreurs de cinéma, serveurs de restaurants, propriétaires de bars, surveillants de musée, caissiers de piscines, organisateurs de fêtes de village, en enregistreurs de codes-barres, en vérificateurs d’identité numérique — en un prodigieux contingent de police 2.0.

Les hommes sont programmés pour fonctionner comme pièces d’un jeu symbolique. Ils sont chiffrés et numérotés. Ils deviennent computables dans des statistiques et des cartons perforés. Ils sont programmés d’une manière telle qu’ils acceptent volontiers leur programmation. Le fonctionnaire est un homme programmé, non seulement pour fonctionner, mais aussi pour accepter son fonctionnement.

Face au mouvement de protestation contre le passe sanitaire, la presse libérale et plus généralement le camp progressiste feignent de ne pas comprendre l’objet de la contestation. Derrière les anti-passe ne se cacheraient que des anti-vax un peu toc toc. Le mouvement serait pourri par le complot, les fake news, par une haine de la science et un conservatisme proto-fasciste. C’est qu’il est très facile de ne pas voir que derrière le complot, il y a le programme. Que derrière les dérives et les excès, il y a une intuition juste. Quelle est-elle, cette intuition ? Qu’une technocratie gouvernementale au service exclusif de la techno-science-économie applique un programme numérique de contrôle comme le font toutes les démocraties libérales, décennie après décennie, sans répit ; que technologie, police et profit avancent continument main dans la main, sans qu’aucun pouvoir ne change la donne, ni même n’ambitionne de le faire ; que le passe sanitaire suit la même logique que la généralisation de la vidéosurveillance, que l’instauration du passeport biométrique et du bracelet électronique, celle d’une numérisation de l’espace public visant un accroissement de la surveillance du peuple et de l’administration de la vie ; qu’il signe l’inscription sur la longue durée de toutes les mesures d’exception prises depuis un an et demi, l’entrée de l’état d’urgence sanitaire dans la loi.

Il n’y a pas d’abord la science de la nature qui se met à transformer les objets en surface de calcul, ensuite la technique qui met à profit ces avancées scientifiques en les appliquant, enfin un monde qui s’en trouve changé. Non, il y a d’abord l’arraisonnement du monde comme nouvelle manière de se rapporter à l’être, et cet arraisonnement irrigue la science et la technique dans le même mouvement.
Toute critique de la technologie ne peut faire l’économie du régime de rationalité qui a fait naître ces technologies.

On ne saurait pas dire ce qui existerait à la place de cette technologie, ou ce qu’on pourrait en penser si nous n’existions pas dans cette ontologie programmatique. Cet impensable est aussi vertigineux que cette pensée d’une existence de programmes autonomisés — autre impensable qui met en péril la pensée, et qui conduit immanquablement certains à chercher qui est derrière les programmes. Dans ce vertige, dans ce défaut de la raison, le mouvement sera toujours pris à défaut — c’est par là que le programme, qui est rationalité pure, va se défendre coûte que coûte. C’est par là que le système va contre-attaquer, par le biais de ses fonctionnaires les plus zélés, les vérificateurs de faits pour qui la vérité est une somme de véridicités vérifiables auprès des ministères émetteurs d’informations vraies.

Le Grand Reset n’est pourtant pas un fantasme ni un complot : c’est le nom d’une proposition de mise à jour du programme émise par le Forum Économique Mondial, l’un des pôles de programmation planétaire les plus en vue, au prétexte de la pandémie et de la crise politique, économique et sociale qui s’en est suivie. L’avancée du programme n’est pas linéaire : elle progresse par crises et par bonds. La crise du covid est une chance inouïe pour la technocratie libérale d’une accélération du programme — de sa mise à jour. Mais elle est aussi une chance inouïe, pour nous, de sa mise au jour. Quand la foule défile pour dire qu’il faut freiner l’accélération du déroulement du programme, il faut être bien borné pour penser que ce n’est pas là que ça se joue, bien partial pour n’y entendre que les contre-vérités. Car une vérité jamais dite, à peine dicible, et pourtant tapie dans l’ombre de chaque corps, de chaque cervelle encore un peu humaine, trouve enfin à s’y dire. Les Gilets Jaunes avaient été la chance, périlleuse, comme tout chance, de voir la politique devenir l’affaire de tous, loin des partis, des syndicats, des avants-gardes du prolétariat, la chance donnée à chacun ne s’y retrouvant pas, ne s’y retrouvant plus, de faire l’expérience d’occuper et de défendre un territoire, ne serait-ce qu’un rond-point, une rue bourgeoise derrière une barricade, un parking de supermarché. Il ne faut pas passer à côté de cette chance nouvelle, celle de giletjauniser le mouvement anti-passe, et de faire de l’opposition à la numérisation du contrôle de la vie la chance d’un bug, même minime, dans le programme en cours.

__________________________

LA PRODUCTION DE LA PEUR

Lukas Stella, août 2021

"L’ensemble des informations est déformé et instrumentalisé pour valider toute action de l’État. Leur pandémie nous avertit que tout le monde est l’ennemi". Contra la contra #4, La pandémie c’est la domestication, 2020.
L'obscurantisme, la peur et la confusion sont les armes dont abuse la propagande totalitaire d'un régime fascisant. Les médias affolent la population, la panique se répand, la terreur fortifie le pouvoir, l'autorité se renforce. Tout le monde a peur de tous les autres. La surveillance, la suspicion, la dénonciation, la délation, l'insécurité mutuelle, le strict respect de la discipline, la soumission à l'autorité et à la répression qu'elle applique pour maintenir son pouvoir de domination, l'angoisse d'une menace présumée, l'isolement supposé protecteur, nous mènent à la décomposition de la vie sociale, la destruction du commun, la désintégration de la société.

Ainsi tout le monde devient le surveillant de la prison généralisée et informatisée, un espace disciplinaire qui puisse permettre de détecter les intentions des supposés coupables et les suspicions de déviances, afin de faire régner la normalisation totalitaire nécessaire au système d'exploitation marchand.
Il s'agit de suspecter, de détecter et signaler tout comportement présumé criminel. Chacun devient l'espion, le juge et le bourreau de son voisin. Ici, l'important n'est pas que la délation soit efficace, mais bien de participer au régime policier pour légitimer volontairement la répression permanente de l'État totalitaire. Ce qui se cache derrière cette frousse spectaculaire internationale, c'est la crainte bien réelle des possédants du monde pour leurs sécurité.

Tous ceux qui portent un autre regard sur la situation que celui officiel sont systématiquement calomniés, licenciés, censurés... Ce n'est qu'une histoire de chiffres indiscutables et jamais ce qu'il représentent dans la situation avec son contexte particulier. L'illusion est dans cette omission permanente.
Le matraquage répétitif et permanent de la propagande de cette réalité des choses marchandes, déforme nos perceptions et notre compréhension de la situation. Nous ne sommes pas informés, mais "mis en forme". Tout est normalisé sur le chemin d'accès au monde. La procédure à reproduire est la norme, une soumission au programme à exécuter.
"Libre à ceux qui souhaitent mourir en paix d’attendre la mort dans le confort conjoint du cercueil et de la télévision, mais nous ne laisserons pas leur gâtisme infester notre volonté de vivre." Raoul Vaneigem, La renaissance de l’humain est la seule croissance qui nous agrée, avril 2020

Le virus n'est pas un ennemie envahisseur à combattre et à vaincre, car c'est perdu d'avance. Des virus il y en a partout, on en a des millions dans le corps, ils sont en nous-même et on apprend toujours à vivre avec. Vouloir les combattre c'est se détruire. Le danger de l'épidémie n'est pas la contagion mais la peur et la psychose mortifère que les médias et les politicards génèrent. Ce n'est pas un problème de vaccins, de prolifération, de gouttelettes, de protection, de distanciation, de confinement, de restriction des libertés, de maintien de l'ordre et de répression, mais bien une question de vitalité, d'environnement propice, de prévention, de médicaments et de qualité des soins dans de bonnes conditions...
"La crise sanitaire montre jusqu’où l’État obtient notre soumission au nom de la santé" Gille Dauvé.

L'urgence sanitaire n'est qu'un prétexte totalitaire à la dictature marchande. Notre santé ne les intéresse que si nos maladies leurs sont profitables. Il s'agit maintenant de libérer la médecine de la corruption qui la gangrène, de libérer la recherche scientifique de l'emprise de la finance et de la main mise des trusts pharmaceutiques, par l'émancipation de la population de la dictature de l'État et de l'emprise de la marchandise.
Méfions-nous du scientisme mercantile ! Ne prenons pas la propagande conformiste de nos ennemis oppresseurs pour des réalités irréfutables. Doutons des affirmations trop certaines, remettons en cause leur pensée unique, discutons des faits, des démonstrations et des déductions, critiquons leurs évidences lucratives autoritaires...

Les experts vendus aux trusts ne sont pas crédibles, les tests ne sont pas fiables, les médecins ne sont plus dignes de confiance, les politiques ont perdu tout crédit, la croyance aux médias dégringole, le spectacle s'effrite...
Pour les gestionnaires du désastre l'épidémie n'est plus qu'un masque de fantôme, agité pour faire peur à ces vieux-enfants bien conformes et beaucoup trop crédules, afin de toucher de gros dessous-de-table et d'instaurer un régime néo-fasciste sous de faux prétextes.

L'État corrompu impose sa politique d'urgence sanitaire en se basant sur des tests qui ne détectent que des traces et qui produisent un pourcentage de positifs, prévu par le taux de sensibilité programmé. Ils produisent ainsi la peur d'une épidémie artificiellement gonflée de malades imaginaires, afin de pouvoir vendre un maximum des pseudos vaccins OGM expérimentaux de leurs amis financiers des méga-labos. Ces milliardaires gagnent des fortunes titanesques par l'exploitation de la croyance, de la crédibilité, produisant ainsi une soumission sans faille d'une partie de la population. Les gens ne sont pas directement malades du covid, ils sont malades de la peur, des mesures sanitaires du gouvernement, de comorbidité, de l'absence de soin, de la baisse de leurs défenses immunitaires...
"La logique économique est, comme la discipline militaire, indiscutable. (...) Leur affairisme pue le mouroir et l'agonie." Raoul Vaneigem, Manifeste 2020.

La fin de ce monde est une nécessité vitale. Quand tout semble sous contrôle, figé, réprimé, il y a toujours une part émergente non assujettie, un no man’s land imprévu où s’auto-organise un brin de vie qui s’est échappé pour ne pas disparaître. Quand la pression des pouvoirs dominants augmente, des fuites apparaissent et se propagent, des débordements dissimulés se répandent là où l’on ne les attendait pas, imprévisibles.
Dans ce monde complexe, tout ce qui est prévisible risque de ne jamais arriver. L'aventure du changement spontané se prend au hasard de situations ingouvernables.

__________________________

RETOUR À LA BASE

Raoul Vaneigem, décembre 2020

THÈSES ET OBSERVATIONS SUR LES OBJECTIFS DE LA LUTTE EN FRANCE

1. L’autodéfense de la femme est au cœur de l’émancipation individuelle et sociale.
Débarrassée du féminisme étatique et autoritaire, la volonté d’éradiquer le comportement patriarcal est le plus sûr moyen d’en finir avec la peur et le mépris et de la nature et de la vie.

2. Contre les résurgences du patriarcat.
Religieux ou laïque, de gauche ou de droite, le comportement patriarcal est le pilier de la société hiérarchisée. Il faut, pour l’abattre, abolir le règne des chefs, sans distinction de sexe.

3. Contre l’écologie idéologique.
Le viol et la violence sont inhérents à une économie fondée sur l’exploitation de la nature. C’est de son pillage, inaugurant le règne de la marchandise, que date l’infortune de la femme. L’écologie restera une idéologie de marché tant que le combat de la femme pour son autonomie n’impliquera pas une nouvelle alliance avec l’univers de la vie.

4. Contre la manipulation de la peur.
La crainte suscitée par l’apparition d’un virus, à la fois insolite et prévisible, a été délibérément amplifiée par le pouvoir à des fins désormais évidentes :
a) tenter de dissimuler l’état désastreux des structures sanitaires, devenues des entreprises à but lucratif ;
b) obtenir à l’échelle planétaire un confinement des populations qu’aucun régime totalitaire n’avait réussi à imposer ;
c) stimuler le développement du marché sécuritaire. En alimentant le fonds de commerce du populisme fascisant (racisme, sexisme, peur de l’autre), il profite aussi à une gauche trop heureuse d’avoir à combattre sur le front des idéologies plutôt que sur le front social où elle s’est discréditée ;
d) la terreur où chacun se calfeutre joue en faveur du principal souci des gouvernants : durer le plus longtemps possible, même en pourrissant sur pieds.

5. Contre la paupérisation de la vie.
« Jouissez d’aujourd’hui car demain sera pire » a été le slogan consumériste le plus efficace du capitalisme. Désormais, il n’en a plus l’usage car il nous met devant un fait accompli. Il décrète : « Le pire est arrivé, force est de vous en accommoder. » Le modèle chinois est en place, en attente de technologies toujours plus efficaces. Le prochain remède à la paupérisation — hormis la suppression des inutiles — sera le bol de riz et le transhumanisme.

6. Contre le retour du puritanisme.
La nécessité de travailler proscrit la jouissance de soi et du monde. Cet interdit, le patriarcat l’a érigé en dogme. Mais en stimulant le marché des plaisirs consommables, le consumérisme lui a porté des coups mortels. La paupérisation qui menace la course à la consommation provoque le retour du puritanisme sous sa forme particulièrement vicieuse : la peur et le mépris de la vie. Le confinement tue en tuant les relations affectives. N’entendez-vous pas retentir avec un bruit de chaînes ces cris de veillée funèbre : « Fini de rire ! Fini de jouir ! Fini de vivre ! » ?

7. Contre la réification ou transformation en chose.
Le capitalisme ne voit dans la vie qu’un objet marchand. Il ne tolère pas qu’elle échappe à la toute-puissance de l’argent. La machine du profit montre qu’au prétexte d’un virus de passage elle a été capable de déclencher une véritable peste émotionnelle. Une hystérie panique a poussé des millions d’individus à se terrer dans un coin, où le désespoir et la morbidité achevaient de les délabrer.

8. Contre le sacrifice.
Le consumérisme avait fondé son pouvoir de séduction sur le mythe de l’abondance édénique. Le « tout à la portée de tous » prêtait une éphémère séduction à ces libertés de supermarché qui s’arrêtent au tiroir-caisse. Le salaire durement gagné trouvait sa récompense dans un laisser-aller qui avait les vertus d’un défoulement. Avec la paupérisation qui vide le « panier de la ménagère » l’exhortation à se sacrifier remonte en surface, tel le péché originel que l’on croyait enfoui dans le passé. Il faut accepter la Chute, il faut admettre que la vie s’assèche. Le temps est venu de rappeler qu’on ne travaille jamais assez, qu’on ne se sacrifie jamais assez. L’existence non lucrative est un délit. Vivre est un crime à expier. L’éloignement, le repli sécuritaire, la peur de l’autre instaurent une pratique de la délation, un culte de la pudibonderie, un regain de violences, une avancée de l’obscurantisme (à défaut d’oser brûler les livres, le gouvernement français les taxe d’inessentiels).

9. Contre le marché de la tuerie sanitaire et sécuritaire.
a) En France, la gestion politique des soins de santé a prémédité l’assassinat en série des premières victimes de la paupérisation : les retraités, les vieux, les dénués d’efficacité lucrative. La république des nantis a fait peser la main froide de l’argent sur la république des sans-grade. Elle a agi et continue d’agir sous l’emprise d’une économie pour qui le profit à court terme compte plus que la santé d’un peuple. Ne nous y trompons pas : elle annonce sans ménagement la solution finale que la tyrannie mondialiste réserve aux peuples décidés à ruiner l’enrichissement des riches.
b) La sécurité garantie au citoyen par contrat social a laissé place à une idéologie sécuritaire qui accroît et multiplie les dangers, l’agressivité, les actes de folie. La police et la magistrature dont la fonction officielle est de nous prémunir contre les violeurs, les assassins, les empoisonneurs et les pollueurs en sont devenus les sbires en raison des tendances fascisantes encouragées en leur sein par l’État. La stratégie du bouc émissaire — qui accable pêle-mêle gilets jaunes, émigrés, manifestants écologistes, musulmans et incendiaires de poubelles — les frappe à leur tour au cri de « tout le monde déteste la police ». Un tel enfumage a pour but de détourner notre attention de la liberté de nuire laissée à ceux qui dévastent impunément la planète et viennent « jusque dans nos foyers » violer notre liberté de vivre.

10. Contre le progrès technologique complice de la régression humaine.
L’intrusion d’un virus a dévoilé le cynisme des groupes de pression pharmaceutiques et médicaux. On les a vus moins soucieux de soigner les humains que d’engranger les bénéfices d’une morbidité dont la presse oligarchique et ses compteurs de la mort trafiquée amplifiaient la hantise. La logique économique confirme ainsi l’imposture d’un progrès technologique qui, pour justifier ses mensonges d’aujourd’hui, bat le rappel des vérités d’hier. Nul ne conteste l’utilité originelle des antibiotiques, des vaccins contre la tuberculose, la poliomyélite, le tétanos mais quelle confiance accorder à des lobbies qui jettent sur le marché d’anciens médicaments vendus sous de nouvelles appellations ? Comment se fier à des vaccins expérimentaux délivrés à des bien-portants comme l’extrême onction à un agonisant ? Comment tolérer de surcroît que les instances au pouvoir calomnient et poursuivent pénalement les praticiens de terrain qui dénoncent leurs malversations ? À quand la bonne vieille méthode de Staline liquidant les médecins complotistes ?

11. Pour une réinvention permanente.
« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Le propos de Mark Twain gagne chaque jour en pertinence à mesure que se multiplient, décroissent et renaissent les insurrections planétaires. Chacun s’en aperçoit : les affrontements idéologiques sont des leurres. Le vrai combat est partout où les habitants d’un village ou d’un quartier urbain refusent les pesticides et les nuisances, renouvellent l’enseignement, restaurent les structures hospitalières, posent le problème de la mobilité, sauvent les commerces locaux, étudient le passage de l’agro-alimentaire à une agriculture renaturée, ouvrent des centres d’accueil pour celles et ceux qui subissent au quotidien une oppression bureaucratique, économique, familiale, sexiste ou raciste.

12. Pour une autodéfense sanitaire.
Les mesures coercitives et incohérentes dont nous sommes victimes résultent des malversations budgétaires qui ont ruiné et ruinent les structures hospitalières. Celles et ceux qui œuvrent sur le terrain n’ont nul besoin de complotisme et d’anti-complotisme pour dénoncer les discours qui nous éloignent de la réalité vivante. Cependant, vitupérer le mensonge du haut ne fait pas reculer d’un pouce la politique d’étouffement budgétaire. N’est-ce pas s’enliser dans la victimisation que de ne pas donner la priorité, ici et maintenant, au bien-être individuel et social, de ne pas briser la tyrannie du profit, principale cause du mal-être et des troubles qui en découlent ? L’État fait primer sur l’efficacité des médecins de terrain, en contact direct avec leurs malades, les intérêts de firmes pharmaceutiques multinationales qui stipendient la valetaille politique. Le simple bon sens prescrit de restaurer la relation consensuelle entre patients et praticiens, voire d’encourager une automédication sinon curative du moins préventive.
a) L’examen du virus en vogue nous a appris que son intensité variait d’une région à l’autre. Le traiter sur le plan national et mondial est une sottise. Il appartient aux assemblées citoyennes de décréter l’autodéfense sanitaire. Agir sur le terrain où patients et médecins cohabitent, se connaissent, entretiennent des relations de confiance fait de tous et toutes des aides-soignants s’initiant à éradiquer la morbidité dominante et à révoquer ses cyniques gestionnaires.
b) Tout en faisant preuve, en certains domaines, d’une efficacité incontestable, le progrès médical a jeté le discrédit sur un usage des plantes qualifié de « remède de bonnes femmes », une appellation qui en dit long sur l’esprit patriarcal de la médecine traditionnelle. Toute une flore a été pillée, brevetée, frelatée, vendue à des populations qui en disposaient gratuitement et étaient en mesure d’en améliorer les vertus. À nous d’empêcher sa spoliation par une science sans conscience et de veiller à ce que la phytothérapie ne tombe pas dans le marché alternatif qui s’apprête à la récupérer avec la même avidité boutiquière.
c) La nocivité du confinement, du repli sur soi, de la peur panique d’une mort programmée a montré a contrario la vertu thérapeutique de la joie d’être ensemble, de se rencontrer, de se toucher sans « gestes barrière ». La peur de vivre a toujours galvanisé l’attrait de la mort. Nazisme et stalinisme l’ont démontré. Qui ne fait fête au plaisir d’exister fait fête à la charogne. Ce qui mobilise aujourd’hui les insurgés planétaires c’est le combat sans merci du parti pris de vivre contre le parti de la mort que la civilisation marchande enrégimente en s’autodétruisant.

13. Pour une autodéfense alimentaire.
La fausse garantie de nourrir les populations du globe ne dissimule plus le vrai mobile des monopoles agro-alimentaires, qui est de promouvoir pour tous une nourriture infectée à des fins lucratives. Qui pourrait croire à la philanthropie de groupes qui s’enrichissent en altérant la santé des consommateurs ? Ne voit-on pas l’État et ses commanditaires supranationaux accorder aux pesticides et autres nuisances la liberté commerciale de polluer la planète ? Victimes d’un endettement croissant, nombre de paysans se retrouvent à la fois empoisonnés et empoisonneurs. Cessons d’en faire des boucs émissaires ou des pions sur l’échiquier électoral. La question qui se pose est : comment venir en aide à ceux qui s’orienteront vers la permaculture ou autre forme d’agriculture renaturée ? Si vous êtes lassés du discours abstrait, si vous voulez du concret, voilà la pierre de touche à laquelle frotter les belles intentions écologistes.

14. Pour une autodéfense scolaire et culturelle.
À l’encontre de l’école militarisée qui sévit encore de nos jours, nous désirons promouvoir un enseignement pour tous les âges. Agora, place publique, maison du peuple, centre communal sont les jardins d’un savoir prodigué par cette passion majeure et inextinguible qu’est la curiosité. L’apprentissage ludique du « vivre ensemble » montre qu’il exclut compétition, prédation, culpabilisation, sectarisme. Redécouvrir la joie de vivre en créant un environnement qui la favorise fortifie peu à peu cette autonomie qui nous protège en nous libérant de la protection des autres. C’est un art difficile qui exige une tout autre forme d’intelligence que la ruse et la force requises par les guerres financières et les rivalités de pouvoir. L’intelligence sensible est l’intelligence du vivant ; elle prévaut toujours sur celle du portefeuille.
a) Le grégarisme finit où l’individu se libère de l’individualisme. La créativité dont font montre les insurrections de notre temps annonce la fin de la foule imbécile et versatile. Le calcul égoïste assèche la pensée. L’entraide la revivifie.
b) La qualité l’emporte sur le nombre. Les propos d’un Gilet jaune d’une quinzaine d’années, entendus lors d’une manifestation de rue, laissent à penser par leur acuité que l’intelligence sensible et jubilatoire de quelques-uns suffira à crever la baudruche, démesurément enflée, des préjugés millénaires.
c) L’intelligence sensible est celle de l’être. Elle supplantera la gestion intellectuelle de l’avoir. Paupérisation oblige !

15. Pour une autodéfense énergétique.
Le capitalisme industriel avait favorisé dans son essor l’efflorescence d’inventions nouvelles (électricité, machine à vapeur, chemin de fer). Ce qui subsistait de recherche indépendante est désormais soumis au contrôle accru des intérêts mercantiles qui gèrent les budgets. Le capitalisme financier produit un vide de la science et de la conscience. Cette béance, « dont la nature a horreur », révèle d’autres voies possibles, elle encourage à explorer un savoir issu de la vie ; non plus de la survie, comme ce fut le cas jusqu’à présent. Physique, biologie, art, médecine sont en quête d’une refonte radicale. Alors que, sous le choc du coronavirus, les milieux scientifiques se sont discrédités par leur incompétence, leurs mensonges et leur arrogance, la curiosité et le goût de la recherche sont en quête d’un nouveau dynamisme. Marginalisés par les lobbies scientifiques, nombre d’investigateurs aspirent à la liberté de puiser dans la vie inexplorée de quoi améliorer notre existence quotidienne et son environnement.
a) Il appartient aux collectivités locales et régionales de soutenir les projets contribuant à la gratuité de l’électricité et du chauffage. Seules l’ingéniosité et l’obstination permettront d’évincer la mainmise des mafias vert-dollar sur les énergies renouvelables.
b) Il en va de même pour l’auto-organisation de la mobilité, qui exige la mise en place de transports non polluants et gratuits. Ce que l’État et les mafias pétrolières ont détruit, n’est-ce pas aux collectivités locales de les réinventer ?
c) Nul besoin d’apocalyptisme pour comprendre que nous sommes au cœur d’une mutation de civilisation. Si tout change de base, cela signifie aussi que les décisions à prendre en matière d’environnement relèvent exclusivement des assemblées communales et régionales et n’ont que faire de référendums patronnés par l’État pollueur.

16. Pour une autodéfense monétaire.
La plupart des économistes conviennent que la gestion mondialiste du profit prépare la suppression du cash au profit de cartes bancaires, qui comportent en prime le profil policier de leur utilisateur.
a) Alors que des millions de citoyens vont se trouver dans l’impossibilité d’acquitter taxes et impôts (destinés à enrichir les riches), une initiative se propage : la création de banques coopératives locales, avec une monnaie non capitalisable, dont la valeur d’échange sert, en circuit fermé, à rétribuer les commerces locaux, à subventionner les entreprises d’utilité publique, à soutenir les projets d’indépendance énergétique, à faciliter l’émergence une agriculture renaturée.
b) Une telle mesure a l’avantage d’assurer la primauté de la valeur d’usage sur la valeur d’échange, autrement dit d’annoncer la fin de la marchandise.

17. Il appartient aux assemblées de démocratie directe de hâter par en bas le dépérissement de l’État qui pourrit par le haut.
a) L’État n’est plus qu’un instrument manipulé par les firmes multinationales, qui, avec ou sans le relais de l’Europe, lui imposent leurs lois et leurs juridictions. La répression policière est la seule fonction qui lui incombe encore.
b) Le jacobinisme, traditionnellement chargé d’assujettir la province à Paris, subit de plein fouet la politique incohérente d’un gouvernement qui ne gouverne plus et a fait du mot élite le synonyme d’imbécile. Le danger est de voir lui succéder des régionalismes qui ne feraient qu’ajouter des États dans l’État national.
c) Le parlementarisme masque de moins en moins l’odieux ridicule d’une dictature qui n’a gardé de la démocratie que le nom de baptême. Les élections ont toujours été les arènes où la jactance des élus sollicitait la sottise d’électeurs persuadés d’être représentés par eux. Cependant, l’ineptie, le mensonge, la corruption des politiques, tous partis et factions confondus, ont atteint à un tel cynisme que la probabilité d’une abstention massive s’accroît dangereusement. Si bien que les instances gouvernementales différeraient, voire annuleraient volontiers la bouffonnerie électorale. Ne serait-ce que dans l’espoir de susciter un regain d’intérêt en sa faveur.
d) Le vote et la démocratie directe prennent tout leur sens chaque fois qu’une collectivité locale est appelée à se prononcer sur un problème qui la concerne au premier chef. La vérité du terrain dévoile les mensonges du haut, elle récuse ces statistiques qui se moquent des réalités vécues. Celles et ceux qui sont sur le lieu de leur existence ne sont-ils pas les mieux à même de juger si un décret qui les concerne est inique ou nuisible ? Qui est plus qualifié qu’eux pour décider des moyens de le combattre ?
e) De défenseur de la République qu’il prétendait être, l’État en est à se protéger contre les citoyens à qui il arrache les droits dont il était le garant. Son délabrement le contraint de convertir en milice privée une police dont une partie réprouve les atteintes aux droits de l’homme. Hochet du capitalisme financier, l’État règne sans gouverner. Il n’est plus rien. Son inanité sonne pour nous l’heure d’être tout.

18. Pour une république autogestionnaire abrogeant la république parlementaire et affairiste.
L’époque où nous tentons de vivre parmi les ruines est celle d’une mutation dont les séismes ébranlent le monde entier : la vieille civilisation n’en finit pas d’agoniser, la nouvelle tarde à éclore comme si elle redoutait sa propre audace.
a) La parodie d’une guerre civile entre conservatisme et progressisme participe d’une mise en scène qui dissimule la vraie guerre, la guerre de destruction massive entreprise par le capitalisme. Pendant que s’affrontent rétro-bolchévisme et rétro-fascisme, les mafias mondialistes empoisonnent et polluent impunément villes et villages. Communes, quartiers, régions aspirant à plus d’humanité demeurent isolés et sans voix, tandis que la rage impuissante et l’indignation compulsive se défoulent en provocations de matamores et en incendies de poubelles.
b) L’État et ses commanditaires font primer leurs intérêts en méprisant les nôtres. À nous de nous préoccuper de notre propre sort. Le sens humain est notre légitimité.
c) Notre lutte est inséparablement existentielle et sociale. Elle ne nie pas les options personnelles religieuses et idéologiques, elle est l’entraide qui les dépasse et possède l’art de les harmoniser. Dans le combat de la désobéissance civile, qui se soucie de la couleur de peau, du sexe, des croyances ?
d) Le peuple prenant par lui-même les décisions qui le concernent, lui et son environnement, s’inscrit dans la lignée de l’expérience autogestionnaire menée par les collectivités libertaires espagnoles de 1936. Les zapatistes du Chiapas, les insurgés du Rojava, la tendance la plus radicale du mouvement des Gilets jaunes en France s’en inspirent aujourd’hui unanimement en dépit d’une grande diversité de conditions historiques, politiques et géographiques. L’apparition de petites sociétés cherchant à s’autogérer et à se fédérer de communes en régions, expose inévitablement à des erreurs, à des confusions, à la « chienlit » comme disent les cancrelats d’État. Mais, où il n’y a ni mort d’homme ni culpabilité, tout se corrige. Pourquoi hésiter à expérimenter des sociétés du vivre ensemble alors qu’en permanence nous servons de cobayes dans les laboratoires de la déshumanisation et du profit ?

19. L’émergence de microsociétés passant outre à l’autorité étatique permet-elle une coexistence avec les instances dirigeantes ?
a) Le dialogue avec l’État n’existe plus. Aucune doléance du peuple n’a été reçue, si ce n’est à coups de matraque. Pourtant, malgré la rupture effective — et sans même espérer des manifestations qu’elles obtiennent le retrait de décrets iniques —, il est bon de soumettre l’État à un harcèlement constant. Rappeler leur parasitisme aux instances gouvernementales gagnera en pertinence lorsque les microsociétés qui font retentir les rues des cris de la liberté, opposeront aux diktats du totalitarisme démocratique la légitimité de décrets votés par leurs assemblées de démocratie directe.
b) La colère et la résistance d’un nombre croissant de maires de villages et de quartiers urbains soulignent la ligne de démarcation existentielle et sociale qui sépare en chacun d’eux le fonctionnaire d’État et le garant du bien-être des administrés. Le déchirement sans cesse accru entre intérêts privés et bien public est de nature à rallier aux assemblées de démocratie directe nombre de citoyens déstabilisés par l’appauvrissement, la tyrannie des interdits, les taxes à payer (petites entreprises, paysans, avocats, enseignants, médecins, commerçants, artisans, hôteliers, cafetiers, policiers de proximité écœurés par le rôle que l’État oligarchique leur assigne). Au maire de résister aux menaces et pressions étatiques et mafieuses, de prendre en compte les intérêts de la population, de devenir un interlocuteur éventuel entre l’assemblée et l’État. Le jeu de bascule revêt autant importance (sinon plus) que la révolte d’une partie de la police qui passerait au côté du peuple insurgé avec l’assurance d’exercer un service public auquel seul mettra fin le règne de l’Homme devenu humain.
c) Un collectif autogestionnaire s’efforçant d’esquiver un affrontement avec l’État et le suprématisme économique aurait le mérite d’éviter une violence qui répugne à la plupart des citoyens, même si la majorité silencieuse est un grand cri de haine. Néanmoins, qui niera que la violence est, de toute évidence, indispensable à un gouvernement qui ne doit sa durée qu’à la répression, son ultime fonction. Comme l’écrasement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes le laisse présager, l’apparition de microsociétés s’émancipant de la tyrannie étatique et marchande suscitera une intervention militaire du gouvernement français, avec l’appoint d’une extrême droite dont il ne cesse de conforter les espérances dictatoriales sous couvert de les combattre.

20. Pour une guérilla démilitarisée.
L’insurrection planétaire en cours émane de la vie quotidienne des femmes, des hommes, des enfants. Le phénomène n’est pas nouveau, ce qui est nouveau, c’est la prise de conscience qui la propage. Ses revendications vont bien au-delà de la satisfaction consumériste. Sa poésie s’échappe du panier de la ménagère avant même qu’il soit vidé par la paupérisation.
a) L’insurrection de la vie quotidienne offre la singularité d’être une insurrection pacifique en ce qu’elle se veut le dépassement de la lutte traditionnelle entre pacifisme réformiste et révolution barricadière.
b) La vie est une arme qui harcèle sans tuer. L’ennemi ne manque pas une occasion de nous entraîner sur un terrain qu’il connaît parfaitement car il en possède la maîtrise militaire. En revanche, il ignore tout de la passion de vivre qui renaît sans cesse, abandonne un territoire dévasté, se le réapproprie, multiplie les occupations de zones à défendre, disparaît et reparaît comme le chat du Cheshire. Il est incapable de comprendre que le combat de la vie pour l’être dissout l’avoir et révoque l’ordre de la misère. Notre guérilla est sans fin. Au contraire de la lutte pour l’avoir qui elle, ne survit pas au dépérissement de l’être qu’elle provoque. La cupidité est un étouffement.
c) « Ne jamais détruire un être humain et ne jamais cesser de détruire ce qui le déshumanise » est un principe de lutte qui a le mérite de s’en prendre à un système d’oppression et non à ceux qui s’en croient le moteur et n’en sont que les rouages. Saboter l’implantation d’une nuisance n’est pas tuer ceux qui en sont responsables.
d) Le temps est avec nous. L’insurrection de la vie quotidienne commence à peine à faire preuve de sa créativité et de sa capacité de renaître sans cesse. Mieux vaudrait se soucier non d’aller plus vite mais d’aller plus loin.
e) Collationner en assemblées les fragments d’une Constitution par et pour le peuple apportera le poids de la légitimité au refus des décrets liberticides que nous impose le totalitarisme démocratique. En nous plaçant devant leur fait accompli, les instances du haut nous défient de leur opposer le nôtre. Or nous n’avons que faire de relever un défi qui ne ferait que nous traîner sur le terrain de l’ennemi. Notre message est clair : le droit de vivre passe outre aux ordonnances de l’argent qui tue.
f) L’important n’est pas le nombre des insurgés mais la qualité des revendications. L’autonomie des individus est la base de l’autogestion. Elle émancipe de l’individualisme, qui prête une liberté fictive aux moutons de la servitude volontaire. Elle apprend à distinguer militantisme et militarisme. L’engagement passionnel ne peut se confondre avec le sacrifice. Le combat pour la liberté refuse les ordres. La confiance et le mandat que lui accorde la solidarité lui suffisent.
g) L’autonomie individuelle dispose d’une puissance de harcèlement inépuisable. Or la peau distendue du Léviathan le rend vulnérable aux piqûres de moustiques.

21. L’autodéfense environnementale est une autodéfense de la joie de vivre.
Que celles et ceux qui trouvent la formule abstraite ou vide de sens se réfèrent à leur propre existence quotidienne et au milieu ambiant qui la conditionne. N’est-ce pas le terrain où leurs problèmes psychologiques, familiaux, sociaux se tortillent et appellent à l’aide ?
a) L’idée que l’on accroît son bonheur en favorisant le bonheur des autres a l’occasion de se concrétiser en ouvrant des centres d’accueil pour celles et ceux qui subissent dans leur quotidien une oppression bureaucratique, économique, familiale, sexiste ou raciste.
b) Il n’est pas jusqu’au problème de l’accueil des migrants que l’entraide ne puisse résoudre. Sous la glaciation statistique qui les réduit à des objets, il y a des êtres humains en détresse qu’un grand nombre de communes auraient le loisir d’héberger en petit nombre, avec l’assentiment de la population locale.
c) C’est bien le moins que la générosité humaine qui vient en aide aux plus faibles implique chez les accueillis comme chez les accueillants une reconnaissance absolue des droits de la femme et des libertés reconnues à l’homosexualité. Il n’est pas tolérable que communautarisme, multiculturalisme ou tradition autorisent des comportements prédateurs que nous tentons d’éradiquer depuis un siècle.
d) Dans un univers de plus en plus en proie à la laideur de l’argent et du calcul égoïste, le retour à la beauté, à l’amitié, à l’amour, à la générosité, à l’entraide propage une subversion qui ridiculise la ritournelle des belles intentions morales et caritatives. Le sens humain se moque de l’humanitarisme, comme la vie authentique des mises en scène qui la falsifient.
e) Le consumérisme a démontré qu’un plaisir acheté est un plaisir gâché. En éteignant le néon des supermarchés, la paupérisation s’éclaire de lumières moins trompeuses. En annonçant l’effondrement de l’inutilité rentable, elle laisse à la disette à venir le temps de renaturer la terre, de retrouver une nourriture saine et des agréments qui ne soient plus frelaté. De même que le coronavirus nous a enseigné à mieux renforcer notre immunité, la faillite économique nous enjoint de recourir à nos ressources créatives. Le do it yourself fait la nique au self made man dont l’affairisme avait fait son héros.
f) La protection des animaux, de la végétation, des paysages, de la nature a cessé d’être un pastel vendu sur le marché écologique. Si utile qu’elle soit et même si elle va au-delà de la compassion, l’aide tutélaire à la terre et à ses espèces a l’inconvénient d’être un impératif. Elle cède aujourd’hui la place à un sentiment fusionnel avec le vivant. La conscience d’une « vie profonde » ravive en nous les composantes minérales, végétales, animales que la superficialité de la survie percevait comme des stratifications mortes. Ainsi s’accomplit sans doute le plus grand pas de l’Homme vers son humanité.
g) L’appel de la totalité a toujours résonné au cœur de notre destinée. Le monde nouveau s’esquisse dans l’émerveillement que les enfants enseignent à qui redécouvre son enfance. Il nous est donné d’apprendre à renaître dans la renaissance du monde.

__________________________

CONTRE LA MALADIE CAPITALISTE

Groupe d'Action pour la Recomposition de l'Autonomie Prolétarienne, février 2021

CEUX QUI VIVENT SONT CEUX OUI LUTTENT

La période que nous vivons est une accélération de ce que nous avons connu ces dernières décennies. La « crise du covid » est la suite logique de la stratégie menée à notre encontre par la classe dominante pour maintenir l'exploitation capitaliste. Dans la continuité de ce que nous avons vécu ces dernières années, cette crise annonce toujours plus de précarité, d'injustice et de souffrance.

Attentats, épidémies, sont des prétextes utilisés pour restreindre nos libertés. Ces restrictions servent à nous désorienter et à nous rendre passifs par la peur. Cela permet à la bourgeoisie et à leurs gouvernements de mettre en place leur programme de destruction sociale, nécessaire à la survie d'un capitalisme en crise.

Les attaques contre nos libertés sont toujours présentées comme une nécessité pour le bien commun. En réalité, depuis un an, nous sommes confrontés à un État qui nous dit quoi faire, quoi penser... mais qui nous invite à rester chez nous plutôt que de nous soigner. A un Etat qui continue d'entreprendre la destruction des hôpitaux et qui enferme les plus anciens et les condamne à une mort certaine.
Des mesures telles que le couvre-feu n'ont jamais été entreprises pour lutter contre une épidémie, mais bien pour exercer un pouvoir dictatorial. Les récents décrets autorisant le fichage de la population en témoignent. La censure s'intensifie également sur Internet, au prétexte de combattre les discours « complotistes ». Et ce faisant, toute critique du discours officiel est assimilée à des propos réactionnaires.

Dans ce contexte, d'autres s'en sortent bien, Amazon et Netflix ont respectivement gonflés leur chiffre d'affaires de 40 et 25% par rapport à l'année précédente ; Air France, Renault et d'autres, se sont vu offrir un prêt garanti par l'Etat, évidemment sans contre-partie en faveur du salariat. A contrario, les entreprises licencient massivement et durcissent les conditions d'exploitation. Quant aux syndicats, en plus de soutenir les mesures répressives du gouvernement, ils accompagnent cette restructuration économique. Ils neutralisent notre colère en organisant des journées de grève symboliques, en veillant à ce que chaque secteur reste isolé.

Chacun essaye à son niveau de continuer à vivre par une désobéissance silencieuse afin de se rassembler en famille ou entre amis, afin de ne pas mourir de solitude. Cependant, la classe capitaliste, elle, continue d'agir avec méthodologie pour défendre ses intérêts. Nous devons être à la hauteur de ses efforts si nous voulons défendre les nôtres.

LE GOUVERNEMENT V