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PARTOUT ET NULLE PART Lukas Stella,
STRATAGÈMES DU CHANGEMENT,
de l'illusion de l'invraissemblable à l'invention des possibles, Chapitre I, 2008.
L'HOMME UNIDIMENSIONNEL
Herbert Marcuse, extraits de la préface à l'édition française, 1967.
LA SOCIÉTÉ DEVIENT ELLE-MÊME CRIMINELLE
Extrait d'un entretien avec le journaliste Denis Robert
LE SPORT, DE LA PUBOLITIQUE TOXIQUE Lukas Stella, 2008.
LA BIODIVERSITÉ LOURDEMENT CONDAMNÉE
Raoul JACQUIN, 2008.
JE SUIS UN DÉMOCRATE, JE SUIS UN CONNARD
Déclaration de principes d’un intellectuel espagnol (Santiago Alba Rico, 2008).
COMME UN TROUPEAU Paul, février 2008.
OU EST PASSÉ LE TROU DE LA SÉCU ? Inventin 2008.
ÉCRAN DE FUMÉE SUR POLUTION Lukas Stella, 2006.
DES BERGÈRES ET DES BERGER OPPOSÉS À LA MÉCANISATION DE LA VIE
2007.
PRIVILÈGES DES LARBINS Inventin, 2007.
COUP DE FIL EN PLEINE GUEULE Inventin, 2007.
NI DÉPENDANCE NI RÉSISTANCE NI PROGRAMME Jules Henry et Léon Léger,
Les hommes se droguent, L’état se renforce, Nantes juin 1974 (Extraits).
PLUS MARIONNETTE QUE DICTATEUR Lukas Stella, 2007.
NOUVELLE LETTRE DU BARON PETDECHEVRE
A SON SECRETAIRE AU CHÂTEAU DE SAINT-MAGLOIRE
Jehan-Godefroid-Adalbert-Carolus-Vladimir, Nanterre, 22 mars 2008
UN PARTI CHASSE L'AUTRE Inventin, 2007.
LE GRAND SECRET Paul, 2007.
LA MASSE CACHÉE Disparition des richesses. Lukas Stella, 2007.
SURENCHÈRES SÉCURITAIRES Raoul Vaneigem, 2004.
DRAGONS ET DONJONS Paul, 2007.
STRATÉGIE DU CHANGEMENT Lukas Stella, 2006
L'ÉCOLOGIE Guy Debord (citations).
DANS L'ANGLE MORT DE L'ÉCONOMIE SPECTACLE Clearstream pour quoi faire...
Inventin, 2006.
GUY DEBORD Extrait de la préface à la quatrième édition italienne
de "La société du spectacle", 1979.
ERWIN SCHRÖDINGER Physicien (1887-1961), prix Nobel en 1933 (Extraits).
HEINZ VON FOERSTER (Extraits de "Stratégie de la thérapie brève")
Mathématicien, physicien et philosophe, 1990.
QUELQUES PAS DE PLUS VERS UNE ÉCOLOGIE DE L'ESPRIT (Extraits)
Gregory Bateson, Antropologue biologiste… (1904-1980).
L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE (Extraits)
Racines biologiques de la compréhension humaine
Humberto Maturana, Francisco Valera (Docteurs en biologie, Harvard), 1994.
LE CRÉPUSCULE DES FARCEURS Paul, 2006.
GRAFFITI ANTI-CPE Février-avril 2006.
APPEL ANONYME sur Indymédia Marseille, mars 2006.
LE CPE EST MORT, L'ARNAQUE A BIEN MARCHÉ ! Inventin, 2006.
POUR UNE POIGNÉE DE SALOPARDS Lukas Stella, 2006.
LA DÉMOCRATIE SERA GLOBALE, OU NE SERA PAS Paul, 2003.
JEUNESSE EN PÉRIL Paul, 2004.
AU-DELÀ DE LA CULTURE (Extraits) Edward T. Hall (anthropologue), 1979.
NI DIEU NI DARWIN Allaoua, 2005.
DÉPHASAGE La machine à réduire
Lukas Stella (extrait de la brochure "Abordages informatiques"), 2002.
DE L'ORIGINE DES ESPÈCES PAR VOIE DE LA DÉRIVE NATURELLE
Humberto Maturana, Jorge Mpodozis, 1992 (extraits).
LE RÊVE DE LA RÉALITÉ Heinz Von Foerster et le constructivisme
Lynn Segal, 1988 (Extraits).
LE RETOUR DU GRAND MÉCHANT LOUP Paul, 2006.
JOURNAL IMAGINAIRE Raoul Vaneigem, 2006 (Extraits).
DU VERT À TOUS LES ÉTAGES Introduction à la critique de l’écologie politique, Paul, 2004.
 
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PARTOUT ET NULLE PART
Lukas Stella,
STRATAGÈMES DU CHANGEMENT,
de l'illusion de l'invraissemblable à l'invention des possibles,
chapitre I, 2008, (Edition en automne).
Le climat a changé dans notre société. Ses dépressions quotidiennes et ses tourmentes cycliques instaurent un temps lourd et instable dans une insécurité sociale qui s’installe comme une météo inévitable. C’est une période de compétition, d’arnaque, de manipulation et de mensonge entraînant chacun dans un isolement guerrier, retranché derrière ses certitudes préfabriquées.
Les fortes pressions numériques des machines à réduire disséminent la confusion, la peur, la violence et le désespoir afin de faire passer son État policier pour un état de grâce, sauveur suprême d’une sécurité qui n’arrive pourtant plus à cacher une précarité qui devient la norme. Le provisoire instable, ainsi que la peur des autres dans un isolement craintif, font trop souvent préférer des modifications de procédures dans les programmes et leurs applications, au désordre supposé d’une remise en cause de l’ordre des choses établies, même s’il est considéré comme injuste et invivable. Dans cette société recroquevillée dans l’inquiétude et l’agressivité, il ne reste plus que l’ultime des solutions pour sauver les apparences : le changement partout, ou du moins son illusion publicitaire tapageuse.
Les plus conformistes des conservateurs présentent leur programme de changement radical en évoquant une révolution moderne. Plus les mensonges de la propagande sont énormes plus ils passent, du moment que le matraquage médiatique bourre systématiquement et sans relâche, des crânes réceptifs, sous l’influence permanente de croyances programmées. L’intoxication achève sa représentation.
La marchandisation du politique se réalise aujourd’hui dans l’apparence d’un changement continuel, qui en est son fonctionnement conservateur routinier. La permanence d’un changement continue n’est que la représentation de son absence perpétuelle. C’est l’inertie du vide.
La vie est un changement qui s’invente chaque jour.
Aujourd’hui la plupart des gens ne votent pas pour changer le monde, ni pour donner carte blanche à leur candidat, mais bien contre les autres en liste, comme un moindre mal, sans trop y croire. Les directions des partis ne représentent plus grand chose d’autre qu’une partie de leurs propres militants. Leurs programmes ne font que déplacer les problèmes de société sans vraiment y toucher, car leurs fonctions sont de les faire accepter à grands coups de propagande médiatique, afin de pouvoir gérer en toute quiétude le pillage des biens communs pour les meilleurs profits d’une poignée de multimilliardaires.
Qui ne pense pas dans la logique marchande est banni de la société du spectacle. Aujourd’hui n’est politiquement toléré que celui qui suit aveuglément les règles de la tyrannie économique, sans jamais toucher aux agioteurs des hautes sphères de la spéculation numérique. Sous la dictature économique et financière, l’apparence creuse d’une démocratie, dérobée par des gestionnaires soumis et des bouffons à la mode de la pub en cours, vacille dangereusement. Cette mascarade à l’usage servile de consommateurs d’illusions aura de plus en plus de mal à cacher l’usurpation des richesses, l’appauvrissement des populations, la misère émotionnelle, la solitude de l’ennui, la guerre permanente à tous les étages, la pollution généralisée de la planète...
Les politiques au pouvoir, gestionnaires des États au service du grand capital et de la haute finance, sont aujourd’hui libres d’escroquer le bien publique pour le livrer aux entreprises mafieuses de l’affairisme mondial. Ils font autorité en répression décomplexée, dans un marché sécuritaire qui spécule sur la misère et tire profit de la précarité des conditions d’existence.
Ces mercenaires sans scrupule, mandataires de la misère sans lendemain, parient sur le vide qui envahit les populations plongées dans un désespoir muet, pour récupérer les peurs et les angoisses, les haines, les rancœurs et les frustrations, afin de se constituer un électorat facilement manipulable et corvéable à merci.
L’ordre établi détruit les hasards et les éventualités. Sans un certain degré de désordre il devient hostile à la vie, dans la mesure où il anéantit toute possibilité de développement, toute chance d’évolution. En se recroquevillant sur ses certitudes, l’ordre absolu qui veut tout contrôler est effectivement suicidaire. Le changement est synonyme de l’émergence d’une nouvelle qualité, qui présuppose, et à son tour crée, un degré certain de désordre, propice à de nouvelles relations.
Toute relation est toujours plus que la somme de tous les ingrédients apporté par les entités impliquées. C’est en cela qu’elle n’est pas prédéterminée.
Le changement fondamental n’est pas définissable d’un point de vue situé avant sa réalisation. Quand il y a changement effectif, l’observation de la situation modifiée devient différente, le point de vue n’est plus le même. L’économie politique ne peut envisager d’ailleurs possibles, car elle ne peut inventer d’autre réalité que la sienne. Pour les gens du pouvoir tout est calculable, prévisible et contrôlable, le changement effectif est inconcevable, car il n’est ni prévisible ni programmable ni maîtrisable, c’est là son essence même.
Si nos choix ne sont pas prédéterminés par un objectif apparent, nous devenons imprévisibles. Nous utilisons les situations que nous vivons comme source du fonctionnement de nos actions, en inventant un décalage de notre point de vue, nous devenons imprévisibles. N’ayant pas de buts définissables dans le cadre actuel de cet état de fait, notre fonctionnement, en dérive dans le cours des événements, n’est plus calculable, et se retrouve de la sorte incontrôlable, donc efficace.
C’est un jeu libéré des contraintes des règles de la convenance et de la servitude. Intuitif, il laisse libre cours à l’improvisation, changeant selon la tournure des situations, tout en anticipant légèrement sur les événements qu’il a choisi de s’approprier, tirant son sens de son devenir.
Ce qui est tu à petit peu, nous tue à petit feu. Oser « ouvrir sa gueule » nous permet d’expérimenter les risques passionnants de la liberté dans l’aventure des relations imprévues. La provocation n’est utile que si l’on est en mesure d’utiliser la réaction et d’en tirer avantage. Mais il est parfois préférable de s’effacer pour laisser son adversaire s’écrouler sur sa lancée, emporté par son propre élan.
Il n’y a pas de méthode à suivre pour se libérer. On ne se libère pas de l’asservissement en changeant de ligne à suivre ou de programme à exécuter. On ne ferait que passer d’une soumission à l’autre. On ne peut pas expliquer comment se libérer sans imposer de fait un chemin à suivre, des directives à respecter, passant ainsi d’un esclavage à l’autre. Changer de chaînes n’est pas un changement effectif qui puisse permettre de choisir librement l’usage de sa vie. Le changement n’est pas une prédiction à laquelle il faut se soumettre, ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité doit être réglée, mais le mouvement qui abolit l’état actuel.
Les tentatives de changement réduites à une solution unique et parfaite, maintiennent le problème et la spécificité de sa persistance. Il est par ailleurs possible de se donner la permission d’appréhender la situation dans un contexte légèrement décalé, élargi aux relations avec les autres, ce qui peut engendrer l’émergence de multiples chemins différents, augmentant le nombre de choix possibles dans un espace de liberté plus vaste.
Nous ne disposons que du monde où nous vivons avec d’autres, que nous les aimions ou non. Si Nous ne voulons pas nous en débarrasser par la force, la prison, la guillotine, les chambres à gaz ou le goulag, alors nous ne pouvons que chercher à coexister. Ceci est aussi valable pour cette petite minorité qui impose sa dictature économique aux populations de la planète. Il est important de comprendre que la certitude des autres, aussi indésirable qu’elle puisse nous paraître, est aussi légitime que la nôtre, car elle exprime leur conservation du couplage structural dans un domaine commun de l’existence. La seule possibilité de coexister sans tyrannie ni terreur ni guerre est d’embrasser une perspective plus vaste, un domaine nouveau de l’existence dans lequel toutes les parties s’accordent dans l’émergence d’un monde commun. Seule la démocratie directe à échelle humaine peut en permettre la réalisation par son invention incertaine.
Dans le mépris total des populations, en transformant le débat public en publicité d’idéal prêt à consommer et à rabâcher, ces imbéciles de mégalomanes, aveuglés par leurs propres illusions, ont fait disparaître toutes pratiques démocratiques sans se rendre compte, que ce débat publique disparu leur servait en fait à masquer leurs arnaques, consistant à usurper toutes les richesses publiques. En perdant la croyance inconditionnelle des populations, le doute s’installe et leur supercherie devient visible. Perdus dans leur euphorie du pouvoir sans limite, ils croyaient fourguer leurs camelotes toxiques de prêt à penser sans que personne ne s’aperçoive de l’ampleur des dégâts causés par leurs pollutions barbares.
« La politique du “n’importe quoi, pourvu que cela se vende“ préside à la carrière de figurants sans idées, sans charisme, incapables de soutenir le mensonge dont ils n’ont même plus la consistance. »
Raoul Vaneigem, Entre le deuil du monde et la joie de vivre, 2008.
Le pouvoir n’a plus que le pouvoir de choisir la publicité qui lui permet de s’afficher dans le spectacle des marchandises. La démocratie n’est plus, depuis longtemps, qu’une bouffonnerie à l’usage servile de spectateurs consommateurs d’illusions. Les partis ont pour objectif la conquête de nouvelles parts de marché, c’est pour cela qu’ils fabriquent de véritables campagnes publicitaires multimédia. Leurs discours clientèlistes est construit sur la satisfaction de la demande du marché à n’importe quel prix, en utilisant l’énormité mensongère rabâchée par le matraquage médiatique, selon la technique de Goebbels qui a fait ses preuves ; « plus le mensonge est gros, plus il passe », et sur l’affirmation d’Hitler ; « un mensonge répété dix fois reste un mensonge, répété dix mille fois il devient une réalité ». Et cela est très facile, lorsque tous les gros médias sont des organes de propagande aux mains d’un petit groupe d’actionnaires ultra libéraux qui ont tous les pouvoirs.
La politique s’affiche partout, répétitive et arrogante. Plus qu’une technique de persuasion, c’est une stratégie du désir, ressuscité afin de mieux le contrôler. Plus qu’une entreprise à produire de la pensée prêt à porter, c’est une impitoyable machine de guerre qui écrase sur son passage, toute trace d’autonomie, toute invention possible d’un ailleurs imprévisible. Science du conditionnement psychologique, sociologique, sémiologique, systémique, linguistique, la politique spectacle est devenue « maîtresse » en l’art de la manipulation mentale et de la désinformation. Il s’agit de se faire entendre sans attente ni attention, au profit d’un réflexe conditionné, où le citoyen ciblé se consume passivement par l’appropriation imaginaire des idées mises en spectacle.
Le désir ainsi séparé de l’instant vécu, est sublimé. Le sujet, comme objet de ses désirs, s’investit dans un imaginaire idéal passionnel jusqu’à la dépendance émotionnelle, avec l’illusion de jouer le premier rôle de son existence à travers une participation fictive à la société, reposant sur la croyance en la promesse de satisfaction. Cette stimulation de désirs simulés n’a qu’une issue toujours décevante, une illusion incarnée dans l’appropriation de solutions, privée de toute entreprise de satisfaction effective. Les désirs s’imaginent en liberté, mais sous air conditionné.
La propagande politicienne décrète ce qui est bon pour la société en partant toujours du préjugé que seul l’économie peut apporter la solution. La liberté de choisir devient la liberté de choisir une des politiques de résignation à la dictature économique.
La pub rêve d’une société parfaite, le citoyen d’un changement profond, la politique le monte en spectacle. L’entreprise contrôle l’exploitation, les bureaucrates de l’État gèrent les choses en leur état, la vie de la cité est réduite aux affaires entreprises et les infos se montent en marketing. La propagande politique est lancée comme une campagne publicitaire. Un slogan chasse l’autre, passant d’une situation bloquée à la prochaine qui lui est semblable, dans la consommation sans fin de solutions aux vertus illusoires.
Les politiciens mettent en scène les exigences de l’économie et de la finance afin de présenter leurs bons plans comme les seuls remèdes magiques au mal de vivre et à la misère des populations. Les idées politiques se présentent comme les propriétaires du langage de la réalité. Elles sont le seul passage donnant accès à une existence qui permette d’être reconnu sain de corps et d’esprit.
Dans l’idolâtrie politique actuelle, seuls les experts-spécialistes attitrés ont droit au label de vérité du spectacle. La compréhension de la nécessité du changement s’en retrouve elle-même divisée en spécialités séparées, et végète ainsi par manque d’unité et de socialité. Ces séparations rendent les tentatives de changement inefficaces. Les relations perdent leur sens lorsque l’on juxtapose des individus en morceaux dans un monde en pièce.
« La séparation instaurée entre la pensée radicale et la vitalité du corps qui la nourrit est la faille où les meilleurs intentions s’abîment. (...) la faculté d’abstraction instille en tout homme le principe selon lequel le privilège de l’esprit est d’assujettir conjointement le corps et les masses laborieuses. »
Raoul Vaneigem, Entre le deuil du monde et la joie de vivre, 2008.
L’homme fragmenté et schizophrène peut retrouver son unité et la plénitude de son vécu par l’invention d’incroyances situationnelles au cours des nouvelles perspectives de la vie en dérive, dans une écologie des relations.
Aujourd’hui les accapareurs tirent tous les profits possibles de l’exploitation du monde, sans temps mort et sans entrave, de l’abolition du futur jusqu’à la destruction des conditions de survie des populations qui le composent. Dans cette période de trouble, où tout s’accélère et se complexifie dans la confusion, s’adapter ne suffit plus pour survivre, il s’agit aujourd’hui d’apprendre à projeter un futur désiré réalisable, de s’y préparer en valorisant et utilisant ensemble nos propres ressources, trop souvent endormies. Il devient maintenant urgent et surtout prudent de s’approprier des tactiques de changement effectivement opérationnelles.
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L'HOMME UNIDIMENSIONNEL
Herbert Marcuse
Extraits de la préface à l'édition française, 1967.
J'ai analysé dans ce livre quelques tendances du capitalisme américain qui conduisent à une « société close » close parce qu'elle met au pas et intègre toutes les dimensions de l'existence, privée et publique. Deux résultats de cette société sont d'une importance particulière, l'assimilation des forces et des intérêts oppositionnels dans un système auquel ils s'opposaient dans les étapes antérieures du capitalisme, et l'administration et la mobilisation méthodiques des instincts humains, ce qui rend ainsi socialement dirigeables et utilisables des éléments explosifs et « antisociaux » de l'inconscient. La puissance du négatif, largement incontrôlée aux stades du développement antérieur de la société, est maîtrisée et devient un facteur de cohésion et d'affirmation. Mieux que jamais auparavant les individus et les classes reproduisent la répression subie. Car le processus d'intégration se déroule, pour l'essentiel, sans terreur ouverte la démocratie consolide la domination plus fermement que l'absolutisme; liberté administrée et répression instinctuelle deviennent des sources sans cesse renouvelées de la productivité. Sur un tel fondement la productivité devient destruction, destruction que le système pratique « vers l'extérieur » à l'échelle de la planète.
La société close sur l'intérieur s'ouvre vers l'extérieur par l'expansion économique, politique et militaire. Là également, c'est la totalité qui est en mouvement : dans cette totalité la distinction conceptuelle entre les affaires et la politique, le profit et le prestige, les besoins et la réclame n'est plus guère possible. On exporte un « mode de vie » ou celuici s'exporte luimême dans la dynamique de la totalité. Avec le capital, les ordinateurs et le savoirfaire, arrivent les autres « valeurs » : rapports libidineux à la marchandise, aux engins motorisés agressifs, à l'esthétique fausse du supermarché.
Ce n'est pas le matérialisme de cette forme de vie qui est faux, mais la nonliberté et la répression qu'elle recèle réification totale dans le fétichisme total de la marchandise. Il devient d'autant plus difficile de percer cette forme de vie que la satisfaction augmente en fonction de la masse de marchandises. La satisfaction instinctuelle dans le système de la nonliberté aide le système à se perpétuer. Telle est la fonction sociale du niveau de vie croissant dans les formes rationalisées et intériorisées de la domination.
C'est dans l'instinct de liberté non sublimé que plongent les racines de l'exigence d'une liberté politique sociale; exigences d'une forme de vie dans laquelle même l'agression et la destruction sublimées seront au service de l'Eros, à savoir construction d'un monde pacifié. Des siècles de répression instinctuelle ont recouvert cet élément politique de Eros : la concentration de l'énergie érotique dans la sensualité génitale barre la transcendance de l'Eros vers les autres « zones » du corps et vers son milieu ambiant, elle barre sa force sociale révolutionnaire et formatrice. Là où aujourd'hui la libido est déployée comme une telle force, elle doit servir le processus de production agressif et ses exigences elle s'intègre dans la valeur d'échange. Par ailleurs règne l'agression de la lutte pour l'existence à l'échelle individuelle, nationale, internationale, cette agression determine le système des besoins.
C'est pourquoi il est d'une importance qui dépasse de loin les effets immédiats que l'opposition de la jeunesse contre la « société d'abondance » lie rébellion instinctuelle et rébellion politique. La lutte contre le système, qui n'est portée par aucun mouvement de masse, qui n'est impulsée par aucune organisation effective, qui n'est guidée par aucune théorie positive, gagne dans cette liaison une dimension profonde qui compensera peutêtre un jour le caractère diffus et la faiblesse numérique de cette opposition. Ce qui est recherché ici son élaboration conceptuelle n'est qu'au stade d'une lente gestation est davantage et autre chose qu'une société fondée sur d'autres rapports de production (bien qu'une telle transformation de la base reste une condition nécessaire de la libération) : il s'agit d'une société dans laquelle les nouveaux rapports de production) et la productivité développée à partir d'eux, seront organisés par les hommes dont les besoins et les buts instinctuels seront la « négation déterminée » de ceux qui règnent dans la société répressive; ainsi les besoins non sublimés, qualitativement différents, donneront la base biologique sur laquelle les besoins sublimés pourront se développer librement. La différence qualitative se manifesterait dans la transcendance politique de l'énergie érotique, et la forme sociale de cette transcendance serait la coopération et la solidarité dans l'établissement d'un monde naturel et social qui, en détruisant la domination et l'agression répressive, se mettrait sous le principe de réalité dc la paix ; avec lui seulement la vie peut devenir son propre but, c'est à dire devenir bonheur.
Pour la première lois dans son histoire, le système rencontre des forces résistantes qui ne sont pas « de sa propre nature »; ces forces ne lui livrent pas un combat concurrentiel pour l'exploitation sur son propre terrain, mais signifient, dans leur existence même, dans leurs besoins vitaux, la négation déterminée du système le contestant et le combattant en tant que tout.
La chance de l'avenir dépend de l'arrêt de l'expansion productive et profitable (politiquement, économiquement, militairement) ; ensuite les contradictions encore neutralisées dans le processus de production du capitalisme pourraient éclater en particulier la contradiction entre la nécessité économique d'une automation progressive entraînant le chômage technologique et la nécessité capitaliste du gaspillage et de la destruction systématiques des forces parasitaires, entraînant l'accroissement du travail parasitaire.
L'expansion qui sauve le système, ou du moins le fortifie, ne peut être arrêtée que par un contremouvement international et global. Partout se manifeste l'interpénétration globale : la solidarité reste le facteur décisif, ici aussi Marx a raison. Et c'est la solidarité qui a été brisée par la productivité intégrante du capitalisme et par la toutepuissance de sa machine de propagande, de publicité et d'administration. Réveiller et organiser la solidarité en tant que besoin biologique de se tenir ensemble contre la brutalité et l'exploitation inhumaines, telle est la tâche. Elle commence par l'éducation de la conscience, du savoir, du regard et du sentiment qui saisissent ce qui advient le crime contre l'humanité.
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LA SOCIÉTÉ DEVIENT ELLE-MÊME CRIMINELLE
Extrait d'un entretien avec le journaliste Denis Robert (Politis 13 mars 2008).
Peut-on estimer le montant des sommes qui s'évadent dans les paradis fiscaux ? Par essence, aucun chiffrage précis ne peut être opéré, puisque les valeurs qui y sont placées sont cachées. La presse évoque le chiffre de 1000 milliards d'euros. On est malheureusement loin du compte. Les listings de Clearstream peuvent donner une indication. La multinationale est l'une des pompes qui alimentent ces paradis fiscaux. 41 figurent dans les listes. Quand on sait que la firme a annoncé 11000 milliards d'euros de dépôts pour 2007 et que près du tiers de ses comptes sont ouverts dans des paradis fiscaux, on peut donc avancer qu'on est plus proche de 5000 milliards d'euros que de 1 000 conservés par la seule Clearstream dans les paradis fiscaux. Euroclear, l'autre chambre de compensation, a aussi des comptes ouverts dans ces paradis, Et je ne parle pas des banques qui utilisent d'autres réseaux. Nous sommes donc à coup sûr audelà des 10000 milliards. Comme il n'y a aucune volonté de contrôler, c'est sans doute beaucoup plus important. Cette gigantesque fraude explique l'assèchement des économies, mais aussi la montée du chômage et la pauvreté.
Guy Debord expliquait déjà en 1969 qu'il n'y a plus d'un côté une économie blanche et de l'autre une économie noire. L'économie est grise. Ce nest plus d'un côté la mafia et de l'autre l'État la société devient ellemême criminelle. Les mafias adoptent les méthodes des sociétés commerciales avancées, et, inversement, ces dernières sont devenues mafieuses, pas au sens du crime de sang mais des crimes d'argent. Les États qui laissent faire sont de fait complices. Les banques et les multinationales qui émargent vers ces paradis sont à l'origine des dérives.
Une fois que l'argent est caché dans les paradis fiscaux, il n'y a pas grandchose à faire, à moins de corrompre un agent. Le seul moment où l'information peut être captée, c'est pendant le temps du transfert des fonds. Il est possible de retracer les itinéraires financiers, mais l'information financière est aujourd'hui hyperconcentrée. Trois organismes en Europe concentrent cette information, Swift, en Belgique, qui fait du routing financier, c'est à dire des ordres de transfert de fonds. Si vous louez une voiture avec une carte bancaire au Maroc, cela passe par Swift, qui enregistre et finalise plusieurs millions d'opérations par jour. Puis il existe deux chambres de compensation internationales Euroclear à Bruxelles et Clearstream au Luxembourg. Comme on met des gendarmes sur les autoroutes, il faudrait contrôler ces trois réseaux autoroutiers de la finance. Or, actuellement, ces outils sont peu ou mal contrôlés.
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LE SPORT, DE LA PUBOLITIQUE TOXIQUE
Lukas Stella, 2008.
Le sport est le porte drapeau de ce qu'il y a de plus exécrable dans cette société en perdition, les vertus de la drogue, la vénération de l'effort mortifère, l'admiration du spécialiste expert, l'idolâtrie du plus fort et la honte des vaincus, la publicité de la prédation barbare, le grand spectacle de la dictature marchande.
Lorsque sa kermesse publicitaire s'accapare tous les organes de pression de la planète, c'est la compétition des marques et des drapeaux, le mérite du gagnant par les sacrifices des perdants, la gloire du vainqueur unique, la célébration de la guerre économique, le grand spectacle du capitalisme maître du monde, que l'on accepte et vénère dans la soumission contemplative d'un monde d'apparences complètement malade et maintenant suicidaire.
"Il est temps de révoquer le vieux réflexe prédateur qui ne conçoit d’alternative qu’entre écraser ou être écrasé."
Raoul Vaneigem, Entre le deuil du monde et la joie de vivre, 2008.
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LA BIODIVERSITÉ LOURDEMENT CONDAMNÉE
Raoul JACQUIN, 2008.
Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.
C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.
Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeux des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.
Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).
L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.
Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible !
http://www.kokopelli.asso.fr/index.html
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JE SUIS UN DÉMOCRATE, JE SUIS UN CONNARD
Déclaration de principes d’un intellectuel espagnol
(Santiago Alba Rico, 2008).
Je ne condamne pas le roi Fahd, honoré par le roi d’Espagne, qui taille les têtes, coupe les mains et arrache les yeux, qui humilie les femmes et bâillonne les opposants, qui fait l’important en l’absence de presse, de parlement et de partis politiques, qui viole les Philippines et torture Indiens et Egyptiens, qui dépense le tiers du budget de l’Arabie Saoudite entre les 15.000 membres de sa famille et finance les mouvements les plus réactionnaires et violents de la planète.
Je ne condamne pas le général Dustum, allié des USA en Afghanistan, qui a asphyxié dans un container mille prisonniers talibans auxquels il avait promis la liberté y qui sont morts en léchant les parois métalliques de leur prison.
Je ne condamne pas la Turquie, membre de l’OTAN et candidat à l’UE, qui a rayé 3.200 villages kurdes de la surface de la terre dans les années 90, qui a laissé mourir de faim 87 prisonniers politiques et emprisonne celui qui ose transcrire en Kurde le nom de leurs villes.
Je ne condamne pas le sinistre Kissinger, l’assassin le plus ambitieux depuis Hitler, responsable de millions de morts en Indochine, au Timor, au Chili et dans tous les pays dont le nom lui est sorti de la bouche.
Je ne condamne pas Sharon, homme de paix, qui dynamite les maisons, déporte les civils, arrache les oliviers, vole l’eau, mitraille les enfants, pulvérise les femmes, torture les otages, brûle les archives, fait exploser les ambulances, rase des camps de réfugiés et caresse l’idée « d’extirper le cancer » de trois millions de Palestiniens pour renforcer la pureté de son état « juif ».
Je ne condamne pas le roi Gienendra du Népal, éduqué aux USA, qui le mois dernier a exécuté sans jugement 1.500 communistes.
Je ne condamne ni la Jordanie ni l’Egypte qui bastonnent et emprisonnent ceux qui manifestent contre l’occupation de la Palestine par Israël.
Je ne condamne pas le Patriot Act ni le programme TIPS, ni la disparition de détenus par le FBI, ni la violation de la Convention de Genève à Guantanamo, ni les tribunaux militaires, ni la « licence pour tuer » accordée à la CIA, ni la fouille de tous les touristes qui entrent aux USA en provenance d’un pays musulman.
Je ne condamne pas le coup d’Etat au Venezuela ni le gouvernement espagnol qui l’a appuyé, ni les journaux qui, ici et là, ont financé, légitimé et applaudi à la dissolution de toutes les institutions et la persécution armée des partisans de la Constitution.
Je ne condamne pas la compagnie états-unienne Union Carbide qui, le 2 décembre 1984, a assassiné 30.000 personnes dans la ville indienne de Bhopal.
Je ne condamne pas l’entreprise pétrolière états-unienne Exxon-Mobil accusée de séquestrer, de violer, de torturer et d’assassiner des dizaines de personnes qui vivaient dans un édifice propriété de la compagnie dans la province de Aceh (Indonésie).
Je ne condamne pas l’entreprise Vivendi qui a laissé sans eau tous les quartiers pauvres de La Paz, ni Monsanto qui a laissé sans semence les paysans de l’Inde et du Canada, ni Enron qui, après avoir plongé dans le noir une demi-douzaine de pays, a laissé 20.000 personnes sans le sou.
Je ne condamne pas les entreprises espagnoles (BBVA, Endesa, Telefonica, Repsol) qui ont vidé les caisses de l’Argentine, obligeant les Argentins à vendre leurs cheveux aux fabricants de perruques et à se disputer un cadavre de vache pour pouvoir manger.
Je ne condamne pas la maison Coca-Cola qui est entré en Europe dans l’ombre des tanks nazis et qui licencie, menace et assassine aujourd’hui des syndicalistes au Guatemala et en Colombie.
Je ne condamne pas les grands laboratoires pharmaceutiques qui se sont mis d’accord pour tuer 20 millions d’Africains malades du SIDA.
Je ne condamne pas l’ALCA qui viole et dépèce les ouvrières des « maquilladoras » de Ciudad-Juarez et fait naître des enfants sans cerveau à la frontière du Mexique avec les USA.
Je ne condamne pas le FMI ni l’OMC, providence de la famine, de la peste, de la guerre, de la corruption et de toute la cavalerie de l’Apocalypse.
Je ne condamne ni l’UE ni le gouvernement des Etats-Unis qui placent les accords commerciaux au-dessus des mesures pour la protection de l’environnement et qui ont décidé, sans referendum ni élections, l’extinction d’un quart des mammifères sur Terre.
Je ne condamne pas les tortures sur Unai Romano, jeune Basque qui, il y a un an, fut transformé en ballon tuméfié dans un commissariat espagnol, défiguré à un tel point que ses parents le reconnurent uniquement à un grain de beauté sur son visage.
Je ne condamne pas le Gouvernement espagnol qui, au mois d’avril, a mis en place l’état d’exception sans consulter le Parlement et a suspendu pendant trois jours les droits fondementaux de notre Constitution (liberté de mouvement et d’expression), avec la circonstance aggravante que les Basques ne pouvaient se rendre à Barcelone à l’occasion du dernier sommet de l’UE.
Je ne condamne pas la loi sur les Etrangers qui expulse les hommes faibles et affamés, les enferme dans des camps de rétention ou les prive du droit universel à l’assistance sanitaire et à l’éducation.
Je ne condamne pas le « coup de décret » qui précarise encore plus l’emploi, supprime les aides et laisse les travailleurs, comme des feuilles mortes, à la merci des caprices du vent des patrons.
Je ne condamne pas, cela va de soi, Dieu quand il pleut, quand la foudre tombe ou que le tonnerre gronde, ni quand la terre tremble ou qu’un volcan crache ses flammes.
Je suis un démocrate : peu m’importe la mort d’enfants qui ne sont pas espagnols ; peu m’importe la persécution, le silence sur l’assassinat de journalistes et d’avocats qui ne pensent pas comme moi ; peu m’importe l’esclavage de deux millions de personnes qui ne pourront jamais acheter un de mes livres ; peu m’importe les atteintes aux libertés du moment que c’est moi qui manie en toute liberté les ciseaux ; et peu m’importe la disparition d’une planète sur laquelle je me suis tant amusé.
Je suis un démocrate : je condamne l’ETA, ceux qui l’appuient ou qui gardent le silence, même s’ils sont muets de naissance ; et j’exige, en outre, qu’on prive de leurs droits de citoyens 150.000 Basques, qu’on les empêche de voter, de manifester et de se réunir, qu’on ferme leurs bars, leurs journaux, et même leurs halte-garderie ; qu’on les mette vite en prison, eux et tous leurs camarades (du jeune militant anti-globalisation à l’écrivain affirmé) et si ce n’est pas suffisant pour protéger la démocratie, qu’on demande l’intervention humanitaire de nos glorieuses forces armées, déjà auréolées de la reconquête de l’île Perejil. Je suis un démocrate car j’ai condamné l’ETA.
Je suis un démocrate et je ne condamne que l’ETA. Je fais donc partie de toutes les autres bandes armées, les plus sanguinaires, les plus cruelles, les organisations terroristes les plus destructrices de la planète.
Je suis un démocrate. Je suis un connard.
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COMME UN TROUPEAU
Paul, février 2008.
Jamais aucun berger ne nomme ses moutons : il suffit qu'il en connaisse le nombre. Car un troupeau, hors de rares exceptions, ne compte que des têtes. On le mesure avec des statistiques.
Lorsque le troupeau devient trop nombreux, le berger a besoin d'un chien pour guider les moutons vers les pâturages où ils produiront la laine, la viande et le lait qui enrichiront leurs propriétaires. Le chien, non plus, ne connaît pas les bêtes individuellement : il sait comment agir pour obéir aux ordres de ses maîtres. Et les moutons sont bien gardés.
Les moutons jamais ne se révoltent : ils ignorent tout de leur servile condition. C'est l'idéal du maître. Lorsque des hommes, des femmes et de enfants servent de bétail à d'autres, les propriétaires des troupeaux humains cherchent à leur faire atteindre cet idéal. Mais comment ?
Certes on peut réduire les êtres humains en esclavage par la terreur, en les faisant travailler sous la menace du fouet. La méthode a fait ses preuves. Mais elle oblige à recruter de nombreux gardiens, dont les bandes à leur tour constituent une menace supplémentaire pour ceux qui les paient. Trop de chiens devient un péril pour les bergers.
L'idéal du troupeau humain est qu'il accepte librement sa servitude. Pour ce faire, on a longtemps utilisé la religion, moyen pratique de relier entre eux les humains asservis dans la croyance que la liberté, c'est la soumission. La promesse d'un au-delà récompensant les plus obéissants et d'un enfer éternel pour les rebelles, liée à la menace terrestre de tortures physiques ou morales en cas de rébellion, ont été de puissants adjuvants pour le dressage des hommes à se comporter sagement en moutons.
Cependant, l'enrichissement croissant des maîtres ayant conduit à la constitution de troupeaux de plus en plus immenses, il a fallu inventer de nouveaux moyens de les asservir collectivement. Le lien personnel de maître à esclave n'est pas utilisable lorsque les domestiques sont trop nombreux. Des tentatives ont été faites de parquer les serviteurs dans de gigantesques étables concentrationnaires accolées à des unités de production, mais la nécessité de les terroriser en permanence conduisait à les affamer, voire à les détruire après usage, entraînant des coûts de production trop élevés. User les ouvriers jusqu'au dernier os, c'est oublier que les êtres humains mettent plus de temps à se reproduire que les moutons.
L'avantage des humains par rapport aux animaux, en même temps que leur inconvénient, est qu'ils parlent. C'est un avantage, car on peut leur faire prendre des vessies pour des lanternes pour peu qu'on sache comment manipuler les mots, mais c'est aussi un inconvénient, car il peut surgir en leur sein des parleurs adroits qui les incitent à refuser leur servitude. Il faut donc aux maîtres savoir contrôler l'emploi de la parole parmi les troupeaux humains.
Les moutons bien dressés n'aiment rien tant que la sécurité, qui leur permet de se faire tondre et égorger en paix. La viande stressée, on le sait, n'a pas bon goût. Dans le même ordre d'idées, on a inventé pour les humains domestiqués toutes sortes de méthodes afin de les tranquilliser : diffusion de messages, ambiances musicales, produits chimiques, séances de persuasion, activités collectives de défoulement, etc. De faux débats organisés par les médias de masse aux mains des maîtres de troupeaux leur présentent de faux problèmes dont on connaît d'avance les solutions pour leur montrer avec quelle diligence on s'occupe d'eux. Des séries télévisées leur expliquent où sont les valeurs qu'il faut respecter, en leur faisant éprouver des émotions positives face aux défenseurs des vertus et des émotions négatives devant ceux qui les bafouent. Afin de stimuler leur appétit de concurrence, on organise pour eux des tournois de compétitions diverses, sportives, culturelles, politiques, dont les gagnants sont célébrés comme autant de héros, dont le bonheur supposé permet de rêver par procuration. Récemment, on a même inventé de croiser la fascination pour les vedettes du show-biz avec le respect dû aux chefs politiques, en fabriquant un président qui soit à la fois poupée Barbie et Napoléon. Grâce aux progrès de la mise en condition tous les hybrides sont possibles. L'important est que les humains domestiqués soient productifs et dociles.
Pour leurs maîtres, les domestiques sont anonymes : à chaque fonction son petit nom, peu importe l'individu qui s'y colle. Chacun est identifié par sa profession, dont on lui fait croire qu'elle est une marque de sa personnalité. Comme dit le proverbe « un clou chasse l'autre », et les êtres humains se remplacent alors aussi facilement que des pièces d'assemblage. C'est pourquoi la démocratie d'Etat, dite représentative, est devenue l'outil centralisé de l'abrutissement de masse : grâce au système des élections, les personnes n'existent plus, sauf en tant qu'éléments statistiques.
Sondages et scrutins tiennent lieu de débats publics. On est loin des débuts de la démocratie.
Désormais, il suffit de compteurs électroniques pour faire croire aux moutons que ce sont eux qui choisissent leurs bergers.
Pourtant, les troupeaux cachent en leur sein de vraies personnes, qui vivent ici et là, temporairement, de véritables aventures. L'oeil des caméras et des statisticiens ne les voient pas, pour la raison que leurs programmateurs ignorent comment voir ce qui n'est pas conforme aux normes. A divers signes, pourtant, on sent qu'elles existent. Mais où sont-elles ? Comment agissent-elles ? Mystère. De temps à autre, on s'aperçoit que le conditionnement foire. Les domestiques deviennent intelligents. On en trouve même qui se font artistes, poètes, musiciens, inventeurs de leur vie quotidienne. Cela dérange la nécessaire monotonie qui sied aux activités grégaires. Bien sûr, je ne dirai rien qui permette aux chiens de garde de les identifier. Mais de plus en plus d'humains échappent par quelque biais aux mises en condition. Un jour, les pâles bergers qui croient servir de guides à l'humanité socialement démocratisée découvriront avec stupeur quels splendides individus ont grandi malgré eux dans leurs pâturages. On entendra des chants nouveaux et la parole n'aura plus besoin de compteurs. Comprenne qui voudra bien.
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OU EST PASSÉ LE TROU DE LA SÉCU ?
Inventin, 2008.
77 % des nouvelles dépenses de la sécu sont dues aux Affections de Longue Durée comme le cancer (+ 84 %), soit 80 milliards en 2006.
Il y a plus d'une dizaine d'année, le président de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de Paris disait qu'il n'y avait pas de trou de la Sécu, mais seulement des impayés.
Cette année, nous allons devoir donner un euro non remboursé de notre poche,
nous allons être très contrôlés lors de nos arrêts maladie,
nous allons devoir consulter un généraliste avant d'aller voir un spécialiste...
Toutes ces mesures, et bien d'autres, pour réduire le "soi-disant" trou de la Sécu !
Mais le fameux trou de la Sécu de 11 milliards d'euros existe-t-il vraiment ?
7,8 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes sur le tabac
3,5 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes de l'alcool
1,6 milliards non reversés à la Sécu des assurances auto pour les accidentés
de la route
1,2 milliards non reversé à la Sécu de la taxe sur les industries polluantes
2 milliards de TVA non reversés à la Sécu
2,1 milliards de retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés
1,9 milliards de retard de paiement par les entreprises, etc...
C'est-à-dire : 20,1 milliards d'euros.
Si cette somme n'avait pas été piratée par nos ministres escrocs,
la Sécu aurait un bilan largement positif !
(chiffres issus du rapport de la Cour des comptes de la Sécu pour 2003/2004)
Où est passé l'argent de la Sécu ?...
Les exemptions de charges, sans compensation, offertes aux entreprises se montent entre 30 et 70 milliards d'Euros, selon les sources.
47,7 milliards ont été versés à l'armée et 95 milliards de bénéfices pour les seules 40 entreprises du CAC40 en 2007.
Plus de 40 milliards d'évasions (fraudes) fiscales repérées en France.
Combien effectivement dans les paradis fiscaux ?..
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ÉCRAN DE FUMÉE SUR POLUTION
Lukas Stella, 2006.
"La pollution chimique constitue une menace grave pour l'enfant et pour la survie de l'Homme.
Notre santé, celle de nos enfants et celle des générations futures étant en péril,
c'est l'espèce humaine qui est elle-même en danger."
Extrait de L'Appel de Paris, signée par plusieurs centaines de scientifiques internationaux, l'ensemble des Conseils de l'Ordre des Médecins des 25 pays membres de l'Union Européene...
Appel de Paris (PDF)
L’insécurité n’est pas là où l’on voudrait bien nous le faire croire. Elle n’a plus de frontière, elle est partout, diffuse et sans apparence, invisible. Si elles ne se voient pas, les polutions chimiques, radioactives et électromagnétiques, n’en tuent pas moins tous les jours un peu plus.
Dans leur course aveugle, quelques fanatiques des bénéfices à n’importe quel prix, hytériques du boursicottage et des milliards à usurper au plus vite, éjectent leurs déchets toxiques allègrement, contaminant tout ce qui reste de vie sur terre.
Les cancers sont toujours les fruits de combinaisons de causes multiples dû à l'environnement. Les cancers du sein, de la prostate, des testicules ou du cerveau, mélanomes et lymphomes ont augmenté rapidement ces dernières années. La liste des diverses causes est longue, et toutes sortes d'agents soupsonnés d'être cancérigènes n'ont pas encore été étudiés...
Combien de mort avec le cancer ? Bientôt un sur deux comme au États Unis ?
Alors qu’il est aujourd’hui reconnu que l’espèce humaine est gravement contaminée et effectivement menacée par les pollutions, chimiques ou autres, les politiciens et les jounalistes, totalement irresponssables mais surtout complices, dénoncent les fumeurs de cigarettes, cachant par cet écran de fumée la dangereuse destruction de la vie sur notre planette.
Interdits partout, responsabilité nulle part !
Les pollueurs, ces nuisibles meurtriers, sévissent en toute liberté avec l'aide des États. Que vont faire ces apprentis mafiosi qui gèrent les gouvernances successives de l'abominable dictature des financiers. Ils ont depuis longtemps prouvé leur irresponsabilité suicidaire.
Attendre quoi, la disparition des poissons et des abeilles pour bientôt ?
Et après c'est au tour de qui ?... Combien de cataclysmes, de catastrophes, de suicides, de guerres...
Il est aujourd’hui prudent de ne plus choisir de se faire complice d’une société inhumaine et hypocrite, pour qui la vie n’a de valeur que dans le profit que l’on peut tirer de sa destruction chronique, qu’elle soit physique, biologique ou psychologique.
Nous n’avons plus le choix, il en va de notre survie.
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DES BERGÈRES ET DES BERGER OPPOSÉS À LA MÉCANISATION DE LA VIE
Pourquoi nous refusons le marquage électronique des brebis
et nous nous débattons dans le monde qui le produit. Aout 2007.
Au 1er janvier 2008, l’ensemble du cheptel ovin et caprin de la communauté Européenne doit être
identifié avec des puces électroniques pour répondre aux exigences industrielles de « sécurité alimentaire » (règlement CE n°21/2004 du conseil du 17/12/2003). Ces mouchards arrivent à une époque où la machine industrielle s’emballe au rythme des crises sanitaires (grippe aviaire, vache folle, fièvre aphteuse…). Le dernier moyen de maintenir l’illusion d’une maîtrise est de considérer les éleveurs comme des risques industriels potentiels. Il faut donc assurer leur flicage.
Dans la marche du progrès, refuser le puçage électronique des brebis peut paraître anodin. Pourtant, cette nouvelle mesure de traçabilité, nous la prenons en pleine figure car nous savons qu’elle nous pousse un peu plus loin dans un monde où l’on commence à se sentir de trop.
L’élevage n’est pas seulement une industrie produisant du lait ou de la viande. La domestication n’est pas seulement la soumission d’un animal, c’est aussi un long compagnonnage commencé à la révolution du néolithique. Ces interdépendances influencent depuis 10 000 ans nos relations aux animaux, aux humains et au monde. Cette longue compagnie a participé à construire nos imaginaires, nos mythes, notre culture.
Avec le puçage électronique, toute cette partie de l’histoire de notre humanité est anéantie, détruite, niée.
Comme la plupart des professions, une part de plus en plus importante de nos activités est régie par un ailleurs : normes industrielles, obligation de s’expliquer, permanence de la suspicion à notre égard. Cela suffit !
Pour nous, il ne s’agit pas de se justifier. Nous ne voulons plus cogérer les modalités de notre soumission. Nous ne voulons plus nous « adapter ». Nous ne pouvons regarder nos brebis se transformer en machine, en émetteurrécepteur sans rien dire. Dans un monde où l’humiliation est devenue tellement familière que l’on ne la reconnaît plus, où le contrôle ne choque plus personne et peut même être citoyen ou participatif, nous avons fait comme tout le monde. Nous avons fait profil bas, nous avons ménagé les administrations et entretenu notre asservissement au système des primes agricoles en traînant les pieds face aux « nouveautés ».
Aujourd’hui refuser le puçage électronique, c’est voir son troupeau euthanasié. Malgré tout, si nous prenons publiquement la parole, c’est que nous ne voulons pas plonger dans l’aigreur et le désespoir que génère la résignation ( « de toute façon ça se fera », « les gens ne comprennent rien », « le monde est devenu fou », « on n’arrête pas le progrès »).
La révolution industrielle a réalisé la volonté de tout transformer en machine. Après les outils, il est question aujourd’hui des animaux domestiques avec le marquage électronique. Vient le tour du cheptel humain.
Déjà, il est question de bornes biométriques dans les cantines, de fichier ADN, de cartes d’identités biométriques,… Ce puissant processus de mécanisation du monde vivant est en train de détruire tout ce qui fait que l’humain n’est pas seulement une construction biologique usinable à merci.
Nous avons encore quelques espoirs mais ils peuvent disparaître si l’on continue à se taire, à baisser la tête, à laisser échapper ce que l’on a dans les mains. Ici, il s’agit pour nous de conserver quelques chances d’élever des bêtes à peu près dignement, de ne pas collaborer par notre silence à l’automatisation et à la déshumanisation de l’élevage, à la transformation définitive des bêtes en marchandise et à notre enfermement dans un monde invivable pour les brebis et pour nous tous.
Nous, bergers des plaines, des causses et des montagnes, réunis pour notre sauvegarde, appelons toutes et tous à refuser les entraves électroniques. Nos troupeaux ne sont pas des machines et nous n’habitons pas dans des usines. Nous vous invitons à reproduire ce texte, et à en parler autour de vous.
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PRIVILÈGES DES LARBINS
Inventin, 2007.
Ce qui est important pour la vie quotidienne des populations se passe dans le silence et la complicité des politiques et des médias. Pas de journaliste, pas d'info, pas de problème... La dictature règne dans l'anesthésie des apparences.
Pendant que les politicens imposent l'insécurité sociale dans le pays, ils assurent leur avenir avec un régime spécial de chômage et de retraite.
Pour chaque député non réélu, les Français devront payer 417 120 euros (60 mois x 6952 euros). C'est la nouvelle indemnité chômage des députés, et les élus de la gauche à la droite sont tous d'accord. La plupart des médias n'en parlent pas. Sans doute parce que cette loi a été votée en douce, par tous les groupes politiques, UMP, PS, UDF et PCF, qui savent parfaitement s'entendre lorsqu'il s'agit de s'octroyer des avantages sur le dos de la population.
Ces mêmes politiciens nous parlent des efforts que nous devons consentir pour réduire la dette et les dépenses de l'Etat, en diminuant le chômage, les retraites, la sécu, l'éducation...
Voter à l'unanimité et dans le silence complet, cette loi permet à un député non réélu de toucher pendant 60 mois au lieu de 6 mois son indemnité mensuelle nette qui est à ce jour de 5178 euros, alors qu'un salarié sur deux gagne moins de 1 310 euros par mois. En plus, chaque député non réélu percevra "à vie", à l'issue des 5 ans d'indemnités, 20% de ce traitement, soit 1 390 euros par mois, jusqu'à sa mort.
Bien entendu cette généreuse "indemnité chômage-retraite" est totalement inconditionnelle, et l'heureux bénéficiaire de cette gracieuse rémunération, n'est tenu à aucun engagement quelconque, comme par exemple justifier de la recherche d'un nouvel emploi, d'une visite mensuelle auprès d'un conseiller ANPE, ou d'une période d'activité justifiant cette "aide sociale"...
Pendant ce temps, notre vénéré président-dictateur s'est autorisé à tripler son salaire, passant de 6 806 € à 20 858 €, sans raison apparente, en douce.
Et une prochaine augmentation pour bientôt...
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COUP DE FIL EN PLEINE GUEULE
Inventin, 2007.
Une équipe de chercheurs de l'université de Clermont-Ferrand vient de mettre en évidence les effets du rayonnement des champs électromagnétiques de 900 Mz (fréquence la plus utilisée par la téléphonie mobile) sur le fonctionnement génétique des végétaux. A des valeurs de champ très inférieures aux normes réglementaires actuelles et à l'ussue d'une courte exposition, "on observe des effets biochimiques comparables à ceux que l'on observe à la suite d'un choc ou d'une blessure."
L'étude, menée entre Lyon et Paris auprès 800 personnes, dont 350 hommes ou femmes agées de 30 à 59 ans lorsqu'on a découvert leur tumeurs cérébrales entre février 2001 et août 2003, livre un indice inquiétant. Les tumeurs du cerveau liées à l'utilisation d'un téléphone mobile pourraient se développer beaucoup plus rapidement que prévues. Ils ont relevé un temps de latence proche de 10 ans avant l'apparition de gliome ou de neurinome acoustique.
Bientôt visible, la menace par téléphone...
Voir www.robindestoits.org et www.criirem.org/
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NI DÉPENDANCE NI RÉSISTANCE NI PROGRAMME
Jules Henry et Léon Léger,
Les hommes se droguent, L’état se renforce,
Nantes juin 1974 (Extraits).
Naguère les révolutionnaires pouvaient à bon escient affirmer que les prolétaires devaient également changer la vie tout en exterminant l'Etat et les étatistes. Aujourd'hui, il n'est d'autre besoin que celui d'interrompre au plus tôt la vie de cette société !
Tout programme concret est réformiste.
La révolution ne peut surgir qu'en refusant le monde. Et le refus ne peut cohabiter avec l'acceptation. L'art du réformisme est de prétendre être ce refus.
La révolution n'est pas inhérente au prolétariat, sinon dans son idée pure... Elle est possible lorsque des milliers de prolétaires l'envisagent comme ultime recours au problème de l'existence.
Cette société peut s'effondrer comme un rien. Elle ne repose pas sur du sable elle est du sable humain, soudé par la force. Et le sable humain de cet édifice, ce sont les prolétaires soumis, et qui revendiquent leur soumission.
La peur de tous les pouvoirs environnants et déjà en place réglant tant le travail que la morale et les nations ; la peur de l'énorme force coalisée des bureaucrates au pouvoir ou s'y installant ici ou là dans le monde ; la peur que toute révolution fasse le lit d'une dictature plus efficace et quasi éternelle ; la peur d'échouer tout simplement, sachant que l'échec signe l'anéantissement physique d'une ou de plusieurs générations ; la peur des sacrifices à consentir, stupéfie, paralyse, divise, retarde, surseoit sans échéance.
Oui, les staliniens effraient les prolétaires. Oui, l'enjeu mondial de l'entreprise les étourdit.
Et les forces à abattre, dont les plus redoutables se disent prolétariennes, exacerbent la prudence et le doute.
Rien n'est joué.
Nul enthousiasme, nul triomphalisme ne sont de mise.
La révolution n'est pas. Peut-être ne sera-t-elle jamais. L'état se renforce.
Les prolétaires, on peut les affamer, les diffamer, les disperser, les droguer, les désespérer, les tromper par de faux espoirs, les spolier de leur force.
Les maîtres du monde ont le temps, qui ronge, qui éparpille, qui épuise, qui dissout.
La victoire de la révolution, en l'absence de révolution victorieuse, est une ignominie propre à d'imbéciles esthètes, satisfaits de contempler des hommes qui tentent dans l'effroi, le sang et les sacrifices ce qu'ils ont supputé pour l'humanité du haut de leurs pensoirs ; ou bien c'est le satisfecit puant d'odieuses salopes arrivistes.
Les prolétaires découvrent aujourd'hui qu'il n'existe pas de programmation de l'avenir. Ils ont peur, n'ayant rien à proposer sinon la destruction absolue de toutes les formes sociales présentes.
Cela n'est en rien un défaut, mais la qualité essentielle du prolétariat moderne, son nihilisme conscient : le projet d'inaugurer une aventure inconnue à l'échelle de l'humanité, et d'en avoir l'entière responsabilité.
Pour lui est prévisible tout ce qui est visible et nécessaire.
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PLUS MARIONNETTE QUE DICTATEUR
Lukas Stella, 2007.
Nico Sarko Bush de Nagybocsa, ce domestique du grand capital et de la haute finance escroque le bien publique pour le livrer aux entreprises mafieuses de l'affairisme mondial. Il fait autorité en répression décomplexée, dans un marché sécuritaire qui spécule sur la misère et tire profit de la précarité des conditions d'existences. Balancé comme un paquet de lessive hyperactive, il exécute le rôle de marionnette de sa propre image publicitaire.
En campagne permanente, l'État policier stalinien dissémine à grande échelle sa propagande tapageuse, toxique, arrogante et provocatrice. Les slogans rabâchés comme une pub sans fin, transforme le langage trop incertain, en marchandise frelatée mais si bien contrôlée.
La cérémonie funèbre achève sa représentation. L'info mégalo crie victoire ! C'est alors que les pressions communicantes s'affairent à liquider la mémoire, et que les bouffons du discours jouent aux gentils animateurs. La population, rayée des listes des commissions, râle et tire sur son sort. La réalité ainsi entreprise raffle les dividendes. C'était écrit dans le programme.
Dopée de pub, la politique consume les rêves. Aujourd'hui l'imbécillité, l'agressivité, l'exclusion et le mépris disloquent une société en ruine, cassant les derniers liens d'une cohérence illusoire. En expulsant le sale, les media nettoient une apparence qui doit rester sans tache. La machine du spectacle engouffre dans ses flux numériques ses sujets comme objets à exploiter, pour en tirer une propreté juteuse. Alors, la marque des partis pris incorpore et normalise les corps.
Tout va très bien Monsieur De Sarkosy, tout va très bien...
mais il faut que je vous dise, votre réalité est affaire de foi.
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NOUVELLE LETTRE DU BARON PETDECHEVRE
A SON SECRETAIRE AU CHÂTEAU DE SAINT-MAGLOIRE
Jehan-Godefroid-Adalbert-Carolus-Vladimir,
Nanterre, 22 mars 2008.
La France part en eau de boudin. Déjà faut-il que ces charcuteries saignantes soient bien dégénérées pour pisser de la vulgaire eau. Mais tout ici n'a plus de goût, si l'on peut s'exprimer ainsi. D'ailleurs, ce jour n'est-il pas l'anniversaire d'une date fameuse il y a quarante ans, où des étudiants fomentaient en dortoir des troubles d'où nous eûmes quelque frayeur à nous extraire.
Encore aujourd'hui, le souvenir en marque les esprits craintifs. Jusqu'à cet insigne petit Nicolas, nain d'esprit et de corps, qui s'imagine qu'en grimpant sur les escabeaux du pouvoir il ressemblera à Napoléon. Vraiment l'époque fourmille de valets qui se prennent pour des maîtres.
La domesticité qui sert de peuple à ce qu'on appelle encore un pays va être convoquée pour désigner son maître d'hôtel. La périodicité de ce rite électoral, qui permet aux grenouilles de se choisir un roi à tempérament, serait d'une navrante banalité si, cette fois, l'occasion ne leur était donnée de déroger à la règle en optant pour une reine. O remarquable nouveauté !... On savait bien qu'entre le roi et le valet se glissait une dame. Mais quel remue-méninge chez les officiels en cravate : la jupe accédant à la fonction suprême fait fantasmer les porteurs de gilets. Faut-il en avoir ou pas ?...
Mais l'important, n'est-ce-pas, c'est que les pauvres soient bien gardés. Peu nous chaut que ce soit par un berger ou une bergère, du moment que nos actions continuent à nous combler de leurs bénéfices. Nous n'avons pas de crainte à ce sujet. Aucun des candidats à la couronne n'est en mesure de menacer nos salons. Jamais d'ailleurs nous n'avons eu la moindre inquiétude : on ne chasse pas le bourgeois à coups de bulletins. Quant à ceux qui croient se servir de la télévision pour insuffler des idées subversives à la valetaille, ils n'ont pas encore compris ce bon mot de Mac Luhan : c'est le médium qui est le message. En l'occurrence, comme l'avait bien compris en son temps le directeur de TF1, de la télé ne sortira jamais que de la pub pour Coca-Cola et autres produits issus de nos usines. Le tube-à-cons ne distille pas d'intelligence. Heureusement pour nous, nous n'en regardons même pas à Saint-Magloire.
Pourtant nous avons eu peur, il y a peu, quand ces hordes incontrôlées ont enflammé les banlieues de nos villes. Il y a dans la violence sans justification un je-ne-sais-quoi de poétique qui épouvante le raisonnable. Et vous savez combien je redoute le dérèglement des sens. Par dessus tout, j'exècre l'insouciance, surtout lorsqu'elle devient impertinente. Rien ne nuit plus aux affaires que l'absence de raison. C'est pour cela qu'on s'arrange toujours pour donner des chefs aux émeutiers. Quand on trouve un responsable, on sait avec qui discuter pour ramener le troupeau excité à la bergerie. Sinon, c'est le chaos. A partir duquel tout devient possible. Quelle horreur !...
Heureusement, ces temps de tumulte ont passé et il semble que la saine compétition ait repris le dessus. Rien ne nous plaît tant que ce merveilleux cri de ralliement : « que le meilleur gagne ». Attendu que nous ne cessons de gagner tout le temps, grâce à notre position sociale, ce bref dicton montre bien à qui veut l'entendre que nous sommes les meilleurs. C'était écrit jadis sur les flippers : It's more fun to compete... Pour les gagnants, évidemment. La bonne blague. C'est pourquoi les pauvres n'ont aucun mérite, n'en déplaise aux organisations charitables. Nous non plus, je vous l'accorde, mais cela ne doit pas être dit. En faisant le réclame de la compétition, nous nous encensons sans risque. L'important, c'est que tout le monde croit que le meilleur est celui qui a gagné, du moment que le trône ne sert à rien. A y repenser, c'était une furieusement bonne idée d'inventer la démocratie représentative. Cet imbécile de Louis XVI aurait dû le comprendre.
Certes, l'idée démocratique est dangereuse dans son principe, je vous l'accorde. Si les gens se mêlaient de se mettre vraiment d'accord pour décider que faire et surtout comment profiter ensemble des ressources du monde, il n'y aurait plus de place pour les nôtres (vous comprenez ce que je veux dire). Mais tant qu'on ne laisse pas le personnel s'occuper de diriger les entreprises, tout le reste n'est que distraction. Le spectacle de la politique, pour vain et ridicule qu'il soit, est un sain dérivatif aux velléités de révolte. Alors, mon bon, incitons les jeunes de chez nous à s'inscrire sur les listes électorales. Nous savons comment on traite avec les élus. De quelque bord qu'ils soient ou s'imaginent être. Du moment qu'ils font des lois, c'est notre pouvoir qu'ils modèlent.
Ne vous inquiétez pas de la petite Jeanne d'Arc. Sa dévotion nouvelle pour la « démocratie participative » n'est qu'une réminiscence des assemblées au cours desquelles nos ancêtres écoutaient les doléances de leurs gens. Lorsque les administrés croient qu'on s'intéresse à eux, il devient plus facile de leur faire accepter les décisions nécessaires. Cette donzelle a de la malice de vieux politicien et je ne serais pas surpris qu'elle surpasse en rouerie les bouffons qui lui disputent la place. J'ai retenu qu'elle veut magnifier le sens de l'effort chez les jeunes, et rien ne peut plus réjouir nos oreilles qu'un tel discours. Nous aimons que nos gens sachent suer pour nous.
Reste le paysan. Il a un côté vieille terre qui, vous vous en doutez, n'est pas pour me déplaire. Sa bonne grosse sagesse fait penser à Henri IV. Espérons qu'il ne trouvera pas de Ravaillac sur son chemin. Quant au gros benêt, il continue de berner les hargneux avec ses envolées racistes, fascistes et nationalistes. En cas de coup dur, ses troupes pourront nous servir à garder nos biens. Il y a fort longtemps, nos pères ont déjà eu recours aux services de ces bandits, mais cela leur a coûté cher. A part utiliser l'imparfait du subjonctif, ce hobereau suant n'a rien à dire de sérieux.
Comme vous le voyez, il n'y a rien d'inquiétant dans le tapage actuel. Si ce n'était, justement, que tout cela n'est que du bruit, et que ce tohu-bohu peine à couvrir les inquiétantes rumeurs qui montent des bas-fonds. J'ai peur qu'aucun de ces compétiteurs ne soit à la mesure de la tâche, en cette époque où tout le monde commence à découvrir par quels stratagèmes nous gardons nos richesses et vers quels désastres il est probable que notre entêtement conduise l'humanité. Vous savez à quel point je me fiche du sens de l'humain. Hors les bénéfices de nos actions, il n'est rien qui puisse m'intéresser. Or c'est là, justement, que j'ai de mauvais pressentiments : je ne suis pas sûr que nos gens partagent encore avec nous le sens de l'économie. Nous avons beau les bassiner avec nos calculs, je crains qu'ils ne décident un jour de passer outre. Je n'ose imaginer ce qu'il adviendrait de nous s'ils cessaient de croire avec nous que c'est l'économie qui doit diriger le monde.
Anatole, cette lettre est une lettre politique. Donc motus à la maisonnée. N'oubliez pas, si vous êtes député, que la démocratie est comme l'alcool : à consommer avec modération. Peu importe sous quelle étiquette.
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UN PARTI CHASSE L'AUTRE (Recto-verso c'est la même chose...)
Inventin, 2007.
Dans l'hystérie des bouffonneries électorales, le PC nouveau, tendence pub Lewis, est arrivé. Le trotskisme avec le sourire accrocheur de l'arnaqueur, racole à la mode. L'entreprise devient compétitive et prend quelles parts du marché. Donnant l'illusion d'un parti rassembleur, la LCR casse l'union, en quittant le premier les collectifs antilibéraux pour une alternative à gauche. La seule union possible de ce parti ne peut être qu'avec lui-même, car il se considère comme le seul parti capable de contrôler son hypotétique révolution. Son objectif est de remplacer définitivement le Parti Communiste. Sa grande victoire est d'avoir fait passer le style Hollywood-Nike dans la vieille idéologie Trotskiste.
Il peut être utile de se rappeller que Trotsky, membre du Comité Central Bolchévique, devint commissaire à la guerre en 1918, et dirigea l'Armée Rouge durant la guerre civile. Membre du Bureau Politique avec Lenine, il interdit les autres partis politique. Il décréta que toute grève devait être considérée comme une désertion, et toute revendication comme une insubordination. Il liquida l'insurection des collectifs libertaires des paysans d'Ukraine, puis en 1921 il conduisit le massacre des révoltés de Kronstadt qui revendiquaient un véritable pouvoir aux soviets (non au Parti Bolchévik), la libération des prisonniers socialistes, la liberté de parole et de la presse pour les ouvriers et les paysans.
"Le triomphe de l’ordre bolchevik coïncide avec le mouvement de contre-révolution internationale qui commença avec l’écrasement des Spartakistes par la «Social-démocratie» allemande. Leur triomphe commun était plus profond que leur opposition apparente, et cet odre bolchevik n’était, en définitive, qu’un déguisement nouveau et une figure particulière de l’ordre ancien. Les résultats de la contre-révolution russe furent, à l’intérieur, l’établissement et le développement d’un nouveau mode d’exploitation, le capitalisme bureaucratique d’Etat et, à l’extérieur, la multiplication des sections de l’Internationale dite communiste, succursales destinées à le défendre et à répandre son modèle. Le capitalisme, sous ses différentes variantes bureaucratiques et bourgeoises, florissait de nouveau sur les cadavres des marins de Kronstadt et des paysans d’Ukraine, des ouvriers de Berlin, Kiel, Turin, Shangaï, et plus tard de Barcelone."
"Très tôt, le modèle russe s’imposa aux organisations ouvrières d’Occident, et leurs évolutions furent une seule et même chose. A la dictature totalitaire de la Bureaucratie, nouvelle classe dirigeante, sur le prolétariat russe, correspondait au sein de ces organisations la domination d’une couche de bureaucrates politiques et syndicaux sur la grande masse des ouvriers, dont les intérêts sont devenus franchement contradictoires avec les siens."
"Les morts hantent encore les cerveaux des vivants."
"Au sein de ce monde, des organisations prétendument révolutionnaires ne font que le combattre apparemment, sur son terrain propre, à travers les plus grandes mystifications. Toutes se réclament d’idéologies plus ou moins pétrifiées, et ne font en définitive que participer à la consolidation de l’ordre dominant. Les syndicats et les partis politiques forgés par la classe ouvrière pour sa propre émancipation sont devenus de simples régulateurs du système, propriété privée de dirigeants qui travaillent à leur émancipation particulière et trouvent un statut dans la classe dirigeante d’une société qu’ils ne pensent jamais mettre en question."
"Dans un monde fondamentalement mensonger, ils sont les porteurs du mensonge le plus radical, et travaillent à la pérenninté de la dictature universelle de l’Economie et de l’Etat."
"Un modèle social universellement dominant, qui tend à l’autorégulation totalitaire, n’est qu’apparemment combattu par des fausses contestations posées en permanence sur son propre terrain, illusions qui, au contraire, renforcent ce modèle. Le pseudo-socialisme bureaucratique n’est que le plus grandiose de ces déguisements du vieux monde hiérarchique du travail aliéné."
"Des stalino-trotskismes réconciliés à toutes les tendances et demi-tendances qui se disputent «Trotsky» à l’intérieur et à l’extérieur de la IVº Internationale, règne une même idéologie révolutionnaire, et une même incapacité pratique et théorique de comprendre les problèmes du monde moderne."
"La révolution, comme la vie qu’elle annonce, est à réinventer. Si le projet révolutionnaire reste fondamentalement le même : l’abolition de la société de classes, c’est que, nulle part, les conditions dans lesquelles il se forme n’ont été radicalement transformées. Il s’agit de le reprendre avec un radicalisme et une cohérence accrus par l’expérience de la faillite de ses anciens porteurs, afin d’éviter que sa réalisation fragmentaire n’entraîne une nouvelle division de la société."
"Le principe de la production marchande, c’est la perte de soi dans la création chaotique et inconsciente d’un monde qui échappe totalement à ses créateurs. Le noyau radicalement révolutionnaire de l’autogestion généralisée, c’est, au contraire, la direction consciente par tous de l’ensemble de la vie."
"C’est au travail lui-même qu’il faut s’en prendre. Loin d ‘être une «utopie», sa suppression est la condition première du dépassement effectif de la société marchande, de l’abolition -dans la vie quotidienne de chacun- de la séparation entre le «temps libre» et le «temps de travail», secteurs complémentaires d’une vie aliénée, où se projette indéfiniment la contradiction interne de la marchandise entre valeur d’usage et valeur d’échange. Et c’est seulement au-delà de cette opposition que les hommes pourront faire de leur activité vitale un objet de leur volonté et de leur conscience, et se contempler eux-mêmes dans un monde qu’ils ont eux-mêmes créé."
"La chance historique du nouveau prolétariat est d’être le seul héritier conséquent de la richesse sans valeur du monde bourgeois, à transformer et à dépasser dans le sens de l’homme total poursuivant l’appropriation totale de la nature et de sa propre nature. Cette réalisation de la nature de l’homme ne peut avoir de sens que par la satisfaction sans bornes et la multiplication infinie des désirs réels que le spectacle refoule dans les zones lointaines de l’inconscient révolutionnaire, et qu’il n’est capable de réaliser que fantastiquement dans le délire onirique de sa publicité. C’est que la réalisation effective des désirs réels, c’est-à-dire l’abolition de tous les pseudo-besoins et désirs que le système crée quotidiennement pour perpétuer son pouvoir, ne peut se faire sans la suppression du spectacle marchand et son dépassement positif."
De la misère en milieu étudiant (extraits)
Par des membres de l’internationale Situationniste et des étudiants de Strasbourg,
novembre 1966.
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LE GRAND SECRET
Paul, 2007.
« Total enregistre des bénéfices historiques en 2006
Le groupe pétrolier français Total a annoncé mercredi avoir enregistré en 2006 un bénéfice net ajusté record de 12,585 milliards d'euros, en hausse de 5 % sur 2005, grâce à la flambée des prix du pétrole ». (Le Monde, 14 février)
Le voilà donc, le Grand Secret qui explique tout : jamais dans l'histoire du capitalisme, des entreprises n'ont fait autant de bénéfices que les compagnies pétrolières d'aujourd'hui.
On a tout compris, n'est-ce pas ?...
Du fric à gogo qui rapporte à ceux qui l'ont investi, sans rien faire d'autre que de le mettre en jeu. Casino Royale à tous les coups gagnant. Tout ça pour le claquer chez les fabricants de loisirs pour milliardaires. Même pas envie...
Et ces piscines de luxe, ces villas pieds dans l'eau, ces lagons privés, valent pour eux l'horreur de guerres qu'on organise pour effrayer la populace qu'on doit contrôler. Faut pas qu'elle aille voir dans le bizness. On lui fait croire qu'elle choisit ses gouvernants. On a bien en main les médias qui lui expliquent pourquoi et comment voter. Les benêts font ce qu'on leur propose.
Pour vendre le pétrole, il faut des engins qui en boivent, des routes qui mènent aux points de ravitaillement. Plus possible de vivre sans. La bouffe, les loisirs, le boulot, tout est sur les routes. On a rendu l'essence plus essentielle que l'air.
D'ailleurs, l'air, justement, grâce au pétrole, il devient rare. Il se réchauffe. Alors on va climatiser. Et ça consommera encore plus. Et les bénéfices vont encore grimper. Les guerres aussi. La misère des sous-hommes qui n'ont pas d'auto. Pas d'eau. Pas d'air. C'est chez eux qu'on se flingue. En plus, les mêmes qui gagnent avec le pétrole font rebelote avec les armes.
Les guerres ne se font plus au hasard. Elles sont planifiées par le Conseil de Sécurité des Truands Unis, dont les cinq membres permanents sont justement les pays qui fabriquent les armes. Tiens donc... Au fait, ce sont les mêmes qui investissent dans le pétrole et dans les guerres. Ah oui, et aussi dans les médicaments, puisque tout ce bizness fait des blessés et des malades : c'est un autre marché juteux.
Pour lancer des guerres, avec des benêts qui votent, il faut leur expliquer qui sont les méchants. Comme on tient les médias et les gouvernements, c'est facile. On embauche des truands pour commettre d'affreux attentats, on en accuse des vilains qu'on encourage par en-dessous à dire de méchantes choses, et le tour est joué. Les benêts en redemandent. Plus le mensonge est gros, comme de faire croire qu'une équipe de barbus dans une grotte fait écrouler des gratte-ciels en acier à distance dans la ville la plus protégée du monde, plus les spectateurs hésitent à croire que ce n'est pas vrai.
Pendant ce temps, des bouffons de scène font rire les braves gens. Au spectacle on ne va pas voir ce qui se trame dans les coulisses. L'odeur des corps grillés par les bombes incendiaires est cachée par le parfum des barbecues. Les cris de douleur sont masqués par les musiques à la mode. Dansez, dansez, petits pantins, votre piètre existence enrichit les compagnies pétrolières. Tant pis si vous ne savez jamais ce que c'est que la vie.
Oh la jolie planète...
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LA MASSE CACHÉE
Disparition des richesses
Lukas Stella, 2007.
Certaines infos passent inaperçues. La baisse importante des impôts des sociétés (IS) actuellement de 33% en France. Ils étaient de 50% il y a seulement 20 ans. Pour comparaison, le taux de l'impôt des sociétés aux États Unis est de 35%.
Pendant ces 15 dernières années en france, le nombre de smicards à doublé.
La moitié des salaires sont aujourd'hui inférieurs à 1240 € net par mois, et un tier inférieur à 936 € (CERC), alors que les dividendes versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont été multipliés par sept en sept ans.
La plus part des sociétés transnationales ont placées leur maison mère dans des paradis fiscaux (plus de 40 pays dans le monde), afin de ne presque plus payer d'impôt sur leurs bénéfices. Mais ça ne leur suffit pas, une partie de leurs profits disparaisent par l'intermédiaire de sociétés écrans. Ainsi de gigantesques détournement de fonds échappent à tout contrôle. Les sociétés écrans existent dans plusieurs douzaine de juridictions qui leur permettent de cacher les noms de leurs propriétaires. Elles s’appellent également des sociétés internationales d’affaires ou les sociétés d’investissement privées. Il y a plus de trois millions de sociétés anonymes qui contrôlent une part croissante du capital international. On connaît peu au sujet de leurs possessions parce qu’on n’exige pas d’elles d’établir des rapports financiers. Et elles peuvent faire cela parce que des intérêts économiques puissants le veulent, et l'impose aux États endettés qui doivent rendre des comptes à leurs créditeurs.
Malgré leurs opacités les richesses des sociétés transnationales restent parfois visibles. De même, les transactions boursières (capitalisations, obligations, fonds spéculatifs...), très peu contrôlées restent dans l'obscurentisme. C'est le montant de leur volume qui est caché, il avoisinerait les 166000 milliards de Dollars, soit plus de deux fois le PIB mondial (valeur totale de la production de biens et services marchands).
Ceci est encore la partie visible de l'iceberg, sa masse invisible qui a plus que doublé en 10 ans, disparaît en échappant à toute réglementation. Elle représenterait plus de 80% des opérations financières. C'est le marché numérique des changes (Forex), des devises et le marché de gré à gré (d'ordinateur à ordinateur) avec les produits dérivés (contrats ou opérations à terme, crédits croisés, options sur future, sur moyenne ou barrière, dérivés hybride ou exotique...). Selon la Banque des règlements Internationaux (BRI) leurs montants s'élevaient à 3100 milliards de dollars par jour en 2004 (http://www.cambiste.info/sdmpage/market/orga30.php), soit environ 930000 milliards de Dollars par an, plus de 15 fois le PIB mondial, et peut-être beaucoup plus car s'ils ne sont pas contrôlés, on ne peut donc pas vraiment connaître leurs montants.
Sous la surface apparente du spectacle se cache l'usurpation des richesses par quelques centaines de personnes, appauvrissant les populations en esclavage et détruisant la planète.
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SURENCHÈRES SÉCURITAIRES
Raoul Vaneigem, 2004.
"L'État investit dans l'appareil répressif et neuroleptique les sommes qu'il économise sur les budgets réservés à l'enseignement, à la santé, à la nourriture, au logement, au bienêtre. Le système de gardiennage et de contrôle policier établi dans les établissements scolaires surpeuplés, où la promiscuité engendre la violence, offre en ce sens un parfait exemple de la gabegie au pouvoir, du crétinisme politique, de l'absurdité mercantile.
Miser sur le renforcement de la police, sur la répression, sur l'idéologie de la terreur pour contenir et contrôler la haine et l'agressivité qu'excitent le chômage, la frustration, l'ennui, l'abrutissement, qu'est-ce d'autre que la pratique mafieuse qui consiste à proposer, en échange d'une rémunération et d'une stricte obédience, une protection contre le péril que l'on suscite ?"
"Modestes propositions aux grévistes", 2004.
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DRAGONS ET DONJONS
Paul, 2007.
« L'Éternel Dieu dit: Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement ». (Genèse, 3,22)
Dans la mythologie abrahamique, commune au judaïsme, au christianisme et à l'islam, Dieu chassa les premiers humains du paradis terrestre pour avoir, malgré son interdiction, goûté du fruit défendu sur l'arbre de la connaissance du bien et du mal. « Et l'Éternel Dieu le chassa du jardin d'Éden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris. » (Genèse, 2,23)
Chez les chrétiens, cette faute, nommée « péché originel », est le fondement de toutes les autres. Seuls les dieux savent ce qui est Bien et Mal. Quiconque s'arroge ce droit pèche contre la divinité. La « justice des hommes » est imparfaite par essence.
En déclarant urbi et orbi qui appartient au Bien et qui au Mal, le prétendu halluciné de Dieu nommé George Walker Bush usurpe donc le privilège du Juge absolu, dont il se dit représentant sur terre. Commet-il de ce fait le seul crime que Jésus a déclaré impardonnable : celui contre l'Esprit ?
Seul Bush le sait.
Pour ma part, athée et tolérant, lorsqu'un croyant veut imposer son point de vue, je me demande toujours ce que cela cache. Car l'individu sincère, quelles que soient ses convictions, n'a pas besoin de juger les autres. S'il le fait, je pense qu'on est en droit de se demander quelle sorte de tromperie dissimule l'affirmation en force de sa droiture.
Car pour être cru, le juge doit être droit : Saint-Georges ne peut combattre le dragon avec les armes du démon. Or l'on entend des voix de plus en plus nombreuses, venues du pays où règne le shérif auto-proclamé de l'Empire du Bien, qui l'accusent des pires crimes, notamment d'avoir comploté avec des assassins pour organiser des attentats attribués à d'autres afin de les dénoncer comme agents de l'Empire du Mal. Ruse diabolique, s'il en est.
Puis voici qu'un de ses plus fidèles lieutenants se fait prendre la main dans le sac : l'apôtre Paul Wolfowitz, qui chassait les corrompus à la Banque Mondiale, est à son tour accusé de plonger dans
la caisse pour rétribuer ses femmes et ses amis. Quand les agents du Bien sont des fripons, que faut-il penser des croisades ?
Tant qu'il n'a pas été jugé, tout prévenu est réputé innocent. Tel est le fondement du droit. Seul un juge peut acquitter, ou décréter qu'Untel a commis un délit ou un crime. Autrement dit, un délinquant est une personne qui a été condamnée par un tribunal. On la trouve donc en prison, dans un centre éducatif spécialisé ou en liberté surveillée. Si un shérif, voire un ministre de la police, ou pire, un président, annonce qu'il va faire le « chasse aux délinquants », cela veut dire, ou bien qu'il ne respecte pas la décision des tribunaux en allant chercher noise à ceux qui ont déjà été condamnés, ou bien qu'il usurpe la fonction de juge, en déclarant pouvoir décider hors de toute décision judiciaire qui est « délinquant ». Dans les deux cas, il s'agit évidemment d'un abus de pouvoir, dont on est en droit de se demander quelle tromperie il dissimule. Même le petit Nicolas le sait.
Qu'un pouvoir définisse lui-même les camps du Bien et du Mal, ou qu'il choisisse de désigner tel ou tel comme délinquant en l'absence de toute enquête et de tout jugement, il devient pour lui-même sa propre cause. Sa seule justification, c'est d'exercer son pouvoir. Cela se passe ainsi sous le régime de la monarchie absolue, comme sous la dictature, fasciste ou bolchevique.
Le stalinisme de droite, comme le pétainisme de gauche, sont deux versions à peine concurrentes de la même confusion entre une morale décrétée par l'Etat et le bien-être des citoyens. En fait, derrière les pantomimes des défenseurs de la vertu, républicaine ou non, se cache la lâcheté des laquais endimanchés, manipulés par les maîtres des donjons. Touche pas au grisbi est le programme commun de leurs élucubrations politiciennes. Le reste n'est que prêchi-prêcha pour détourner l'attention des gogos de la fonction essentielle de l'Etat qu'ils défendent : il faut que les pauvres soient bien gardés.
On a remarqué, dans les représentations du monde faites par les apôtres du Bien, que les «mauvais» sont aussi dans le camp de la misère. Le mal, pour les riches, ne vient pas de la pauvreté, dont ils profitent : ce sont les pauvres eux-mêmes. Ce que les petits hommes chargés de les garder redoutent le plus est leur insoumission. Que les nuques des pauvres cessent de se courber, et la peur envahit les maîtres des banques et des donjons. Rien ne les effraie plus que l'humanité de la multitude, dans toute sa diversité, lorsqu'elle se met à marcher debout. Alors ils la condamnent d'avance, ils lui attribuent les vices qui sont les leurs, pour envoyer contre elle les chasseurs de délinquants, les tu |